Musique / Festivals

Il faut avoir passé les quelques derniers mois boules Quiès au chaud des tympans pour être passé à côté du phénomène Mika. Phénomène, c'est bien le mot. Et c'est là toute la difficulté pour le jeune chanteur de 24 ans. Si les comparaisons sont flatteuses, notamment avec des figures glam rock comme Freddy Mercury ou Scissor Sisters, l'engouement n'est réel que chez les 15-25 ans. Il faut dire qu'il n'y a qu'un album, « Life in Cartoon Motion » sorti en février, pour juger cette grande tige née au Liban un jour d'août 1983. C'est dire si la scène fait figure de « test de longévité » pour Mika, qui passait mardi soir à Forest National.

Un show à l'entame floydienne, dans laquelle une grosse boule bleue avance pendant que la formation réduite de musiciens prend place. Une planète qui explose pour laisser apparaître un ange aux ailes d'or. Non, ce n'est pas encore Mika ! Mais c'est bien lui qui surgit quelques secondes plus tard dans une attitude qui sera la sienne près de deux heures durant : virevoltant, survolté, éternel mobile. Forest National s'embrase. Aux premières notes du tube « Relax », la salle explose. Serré dans un jean noir façon « slim », Mika rebondit facile sur scène comme sur les octaves. La machine est lancée.

Enfant, Michael Holbrook Penniman passa très vite du Liban à la France, où il habita pendant 8 ans avant d'atterrir à Londres. D'où un français et un anglais parfaits. Mais ce n'est pas tout, le chanteur traduit aussi le moindre de ses propos en néerlandais. Ambiance. Un « My interpretation » et un « Billy Brown » plus tard, la troupe se met en ligne pour une nouvelle chanson à la teinte country, banjo à l'appui. Avec le tout frais « How much do you love me ? », Mika livre là deux chansons de son prochain album. Autre bonus, le chanteur offre une reprise efficace de « Missionary man » d'Eurythmics.

Bouillante, la salle déborde de la casserole sur « Love today ». Après une poupée gonflable géante sur « Big Girl », c'est cette fois une immense marionnette qui vient enlacer le chanteur. La version, interminable, verra Mika et sa batteuse s'affronter à grands coups de baguette sur des tambours de ferraille. Sur le finish, le libano-anglais confie être en présence du meilleur public de sa vie. On le croirait presque, tant l'ambiance est électrique.

Ce n'est pas tous les jours que les gradins de Forest sont debout pendant les trois quarts d'un concert, parents compris ! Ils le sont plus que jamais sur l'incontournable « Grace Kelly », à l'issue duquel Mika quitte la scène. Le reste est du pur délire. Derrière un rideau, le chanteur et sa troupe réinventent « Bugs Bunny » par un jeu d'ombres. Costumes à l'appui. Quand le rideau tombe, et qu'un Mika-crocodile entame son « Lollipop » sous des canons à confettis, la scène ressemble à une comédie de musicale des années 60 où Alice au pays des merveilles croise lions et poussins.

Un show complet, une voix malmenée et pourtant en place du début à la fin, Mika est incontestablement chez lui sur scène. De là à dire que c'est par lui que passe le renouveau du glam rock, le pas est grand. A lui de le franchir.