Musique / Festivals

Ce vendredi, de nombreuses voix féminines ont fait vibrer Spa. "Depuis quatre à cinq ans, je constate qu’il y a de plus en plus de chanteuses dans la programmation", confirme Marc Radelet, attaché de presse de l’événement. Cela tombe bien car, du côté du public, les filles sont aussi au rendez-vous. Mercredi, une tonne d’adolescentes ont répondu à l’appel d’Orelsan. Jeudi, une flopée de fillettes étaient là pour voir TAL. Et hier, Julien Clerc et Serge Lama ont attiré en masse une autre génération de "francofolles"... toute aussi enflammée.

C’est que les Francofolies ne craignent ni les grands écarts, ni les contrastes. D’un côté, ces deux icônes de la chanson française, de l’autre, Noa Moon. La jeune Bruxelloise chante pour la première fois à Spa ce vendredi. Munie de sa guitare, la rockeuse débute timidement. Elle se cache derrière sa frange. Mais lorsqu’elle s’adresse au public, elle affiche un profil spontané. Noa Moon fait d’abord son petit bonhomme de chemin avec quelques titres peu connus. Jusqu’à ce que le public suive sur le tube "Paradise". A partir de là, le public bouge gentiment. Il faut dire que le soleil est accablant. La chanteuse oscille entre balades ("River") et titres très rock sur lesquels elle fronce les sourcils de son joli minois. Une belle promenade pour le public.

Nouveau changement de registre dans le Jardin des Francos. Dans la famille "The Voice", on a Suarez qui chantera dimanche et Juliane Chleide. Depuis sa participation à l’émission tv en 2011, la charmante Gaumaise s’est construit un répertoire pop et acoustique plus que personnel. Loin des strass et des paillettes, elle a offert un concert intime ce vendredi après-midi. "J’ai toujours voulu venir en tant que chanteuse aux Francos. Aujourd’hui, je suis là et je suis la plus heureuse du monde", commence-t-elle avant de se mettre à chanter. Ses premières interprétations sont d’une jolie simplicité, alliant guitare acoustique et voix. Avec son timbre clair, ses textes où elle imprime son vécu, la jeune chanteuse a bien défendu son premier album qui sortira en septembre.

Des albums, Marie-Pierre Arthur en a déjà deux au compteur. Et une kyrielle de scènes derrière elle. Avant de chanter sous son propre nom, elle a accompagné de nombreuses formations, comme bassiste. Hier, en pleine lumière - au propre comme au figuré - mais toujours la basse à la main, elle a ouvert son concert avec "Fil de soie". Très vite, elle enchaîne avec "Si tu savais". Un tube qui a traversé l’océan pour inonder nos ondes sonores."Cela m’a beaucoup émue", confie-t-elle au public avec son bel accent québécois que les maisons de production n’ont pas réussi à gommer. Son rock-folk est nerveux. Son énergie et son plaisir à jouer sur scène, contagieux. Loin de freiner son expressivité, sa basse l’amplifie. Elle en use pour souligner les jolies et inattendues ruptures dans ses morceaux. Tantôt sa voix se fait légère, tantôt puissante. Elle joue aussi avec le public et l’improvise chœur lorsqu’elle interprète "Elle". Bref, elle s’amuse et le public aussi. Comme dans sa première chanson sur scène, il "croise les doigts, en priant qu’elle ne sorte pas"...

"Il y a un intérêt grandissant d’écouter des femmes qui ont quelque chose à dire", soutient Marie-Pierre Arthur. Et des choses à dire, Lou Doillon en a. Depuis que sa maman, Jane Birkin, et Etienne Daho l’ont "sortie de sa cuisine", comme elle aime à le répéter, elle enchaîne les concerts et festivals. Sa voix singulière et son univers folk conviennent particulièrement bien à la douceur de cette fin de journée.

Le dernier album "Sunset" de Superbus n’aura jamais aussi bien porté son nom que vendredi. Plus le soleil descendait, plus les Francofous affluaient. Entouré de musiciens en cravate, Jennifer Ayache détonait avec son short court et sa voix acidulée. Elle a même réussi à créer une petite "hystérie collective façon Superbus" avec son ska vitaminé et ses hits "Lola" ou "Butterfly". D’autres belles prendront le relais ce week-end. Maissiat ou Jenifer s’arrêtent ainsi pour la première fois à Spa...