Musique / Festivals

C’est ces samedi et dimanche que se tiendra au musée instrumental de Bruxelles le premier concours organisé par l’ASBL Harpegio, fondée pour promouvoir la pratique de la harpe dans notre pays. Harpiste à l’Orchestre de l’Opéra royal de Wallonie, Primor Sluchin est une des chevilles ouvrières de l’association et de la compétition : "Il y a quelques années, en participant à un jury de concours destiné aux jeunes instrumentistes à Paris, je me suis rendue compte que plusieurs candidats venaient de Belgique. L’idée d’organiser un tel concours en Belgique a lentement fait son chemin et la rencontre avec Agnès Peytour et Vinciane Degroote, deux collègues harpistes résidant en Belgique, a été décisive. Nous nous sommes lancées dans l’aventure."

C’est que, même si la harpe est moins médiatique que le piano ou le violon, ceux qui en jouent ont tout autant besoin de se faire connaître, mais aussi tout simplement, de progresser : "Quel que soit l’instrument, il est primordial pour un jeune musicien d’avoir l’occasion de se produire, de recueillir des avis différents de ceux de son professeur, de s’ouvrir à d’autres horizons tout simplement. " Une des originalités du concours est en effet de ne pas s’adresser seulement aux harpistes ayant déjà fini tout leur cursus d’apprentissage, mais au contraire de s’ouvrir à ceux et celles qui sont encore en cours de formation. Les candidats peuvent choisir entre quatre niveaux de compétition : "Les quatre niveaux couvrent à peu près le parcours d’un jeune musicien en académie (ou dans le privé). Du début à la fin de ce parcours, à l’aide de son professeur, il peut tenter sa chance."

Le concours répond manifestement à une demande, puisqu’ils ont été quatre-vingt à s’inscrire. Ils, et surtout elles, puisqu’il n’y a "que" 10 % d’hommes parmi les participants : la harpe resterait-elle essentiellement un instrument féminin ? "Il faut distinguer entre la harpe celtique, qui puise ses racines en Irlande et dans la tradition bardique, et la Grande Harpe, qui a longtemps été l’instrument privilégié des jeunes filles de bonne famille et reste attachée à ce stéréotype. Cependant l’émergence des nouveaux talents masculins est une réalité comme on a pu le constater aux dernières Victoires de la musique."

Le public pourra assister aux épreuves, mais aussi à tout l’événement créé autour du concours : visite guidée de la partie du musée consacrée aux harpes anciennes, concert du Duo Nefeli, exposition des harpes du facteur italien Salvi, partenaire de l’entreprise. De quoi faire taire définitivement les mauvaises langues qui citent ce mot célèbre selon lequel les harpistes passent la première moitié de la soirée à s’accorder et l’autre moitié à jouer faux ? Sluchin a l’habitude de parer le coup : "La harpe est un peu comme la haute gastronomie et tous les plaisirs de qualité supérieurs : il faut se donner le temps, et la sensibilité, pour en retirer le meilleur."

Bruxelles; MIM, samedi 13 et dimanche 14 mars; www.harpegio.eu