Musique / Festivals La nouvelle saison s’ouvrira avec "La Flûte enchantée" mise en scène par Castellucci.

C’est son grand oral annuel, le moment où il incarne "la passion, l’énergie, la créativité" qu’il entend insuffler à sa maison : jeudi, Peter de Caluwe a présenté sa nouvelle saison à la presse. En y glissant comme toujours un peu de philosophie : "Pour Platon, le Bon, le Beau et le Vrai existent bel et bien, même si ce sont des choses immatérielles que notre monde ne peut saisir", précisant que, pour Herman Hesse, "la vérité ne s’enseigne pas ex cathedra, elle se vit". Bonne définition, par la tangente, de la mission de l’opéra.

Saison de "synthèse", avec la présence de nombreux artistes fidèles et engagées, et saison de "consolidation", grâce à l’élan donné par le nouveau directeur musical, le Français Alain Altinoglu, 2018-2019 s’ouvrira avec "Die Zauberflöte" de Mozart, selon Romeo Castellucci qui cite Starobinski pour ouvrir le débat (qui ne manquera pas de surgir) : "Les chefs-d’œuvre révèlent de nouvelles significations quand on leur pose de nouvelles questions." Avec Antonello Manacorda à la direction musicale, et, parmi les chanteurs, Gabor Bretz, Ed Lyon, Reinoud Van Mechelen, Dietrich Henschel, Sabine Devieilhe, Jodie Devos, Sophie Karthäuser, etc. On rêve d’être déjà le 18 septembre…

La saison se poursuivra avec la création de "Frankenstein" de Mark Grey (commande de la Monnaie), dirigé par Bassem Akiki et mis en scène par la Fura dels Baus. Deux opéras seront donnés en versions concertantes : "Robert le Diable" de Meyerbeer dirigé par Evelino Pido, et "The Rake’s Progress" de Stravinski, dirigé par la protéiforme Barbara Hannigan, qui fera ses débuts à la Monnaie en tant que cheffe d’orchestre.

L’Italie pour l’hiver

L’hiver s’inscrira sous le signe de l’Italie : Italie joyeuse avec "Don Pasquale" de Donizetti, par Alain Altinoglu et le merveilleux Laurent Pelly (ce sera le spectacle de fin d’année), Italie mythologique avec "Re Orso" de Marco Stroppa (commande de la Monnaie et de l’Opéra comique) par Marco Angius et Richard Brunel, Italie des fastes et des intrigues avec "La Gioconda" de Ponchielli (créée en français à la Monnaie en 1880 et plus jamais revenue depuis) par Paolo Carignani et Olivier Py.

"Push", hymne à la vie

Un Wagner, et non des moindres, avec "Tristan et Isolde" dirigé par Alain Altinoglu et placé dans l’univers exclusif du cinéaste Ralf Pleger et du plasticien Alexandre Polzin; et deux plongées dans l’horreur et la rédemption avec "De la maison des morts" de Janacek, dirigé par la jeune cheffe lituanienne Mirga Grazinyté-Tyla et mis en scène par Krzysztof Warlikowski; et "Push" d’Howard Moody, basé sur l’incroyable histoire du Belge Simon Gronowski, poussé par sa mère hors du train qui le menait à la mort, et venu lui-même en parler jeudi à la Monnaie (une bourrasque de sincérité et d’optimisme). Dernier opéra de la saison, "Le Conte du tsar Zlatan" de Rimski-Korsakov, confié, lui-aussi, à Alain Altinoglu, sera mis en scène par Dmitri Tcherniakov. A quoi s’ajoutent deux coproductions : "L’Homme de la Mancha" de Brel, avec le KVS, et "Sylvia" de Fabrice Murgia et An Pierlé, avec le TNB.

La Monnaie propose également une saison de concerts symphoniques dirigés pour la plupart par Alain Altinoglu, et dont un volet Beethoven sera mené en collaboration avec le BNO; une série de récitals, où l’on retrouvera notamment Mark Padmore, Véronique Gens, Anne Sofie von Otter, etc.; les Concertini du vendredi midi, et, bien sûr, un vaste volet consacré à la danse, que nous présenterons ultérieurement.