Musique / Festivals

Cela fait déjà un bon moment qu'on l'attendait cette plaque-là. Si la chanteuse colombo-américaine offrait déjà ses gammes originelles dès 2012 et sa mixtape "Drunken Babble", c'est en 2015 que sa voix singulière et son r'n'b langoureux épicé nous explosaient littéralement dans les oreilles, à l'instar du magistral "Loner", ode post-rupture à la solitude appréciée dont la beauté depuis ne nous pas lâchés. C'est dire l'impatience qui nous animait, plus brûlante encore à l'annonce de l'annulation de son passage par l'AB prévu décembre dernier. C'est que la diva caliente, en coulisses, charbonnait. Voici qu'en avril dernier atterrissait dans les bacs "Isolation", son premier véritable LP.


Certes, l'attende fut longue, mais l'objet du désir est énorme. Pas une seconde à enlever de ce disque qui désarme l'auditeur et le balade entre des rivages soul, des horizons hip hop, le jardin de feu-Amy Winehouse et la Colombie. A la prod’, on croise entre autres Damon Albarn qui pose en outre sa voix discrète sur "In My Dreams" (produit officiellement par Gorillaz), Dave Sitek (le sorcier de TV on the Radio), Thundercat (le poto de FlyLo), Kevin Richard Parker (gourou de la secte Tame Impala) ou encore la clique de jeunes loups jazz-hop BadBadNotGood. Une équipe qui a de quoi donner le tournis.


Au micro également, dame Kali a convié quelques amis. Sur le premier single "After the Storm", elle croise le vers avec le emcee californien Tyler the Creator et ressort ce bon Bootsy Collins des tiroirs. Sur le deuxième, "Nuestro Planeta", elle s'allie à Reykon, roi colombien du reggaeton et figure de proue des musiques latines contemporaines. Sur "Tyrant", le troisième, c'est à la voix – qu'elle a fort belle – de l'irrésistible Jorja Smith qu'elle conjugue la sienne. Enfin, impossible de passer sous silence la prestation aux côtés de Uchis de la rappeuse américaine Bia, qui co-signe ici l'explosif "Miami". Un album bien sous tout rapport. Et le début d’une grande histoire.


> 1CD (Virgin/Universal).


© D.R.