Musique / Festivals Où en est le phénomène de la musique moderne en Belgique ? Comment les jeunes artistes doivent-ils faire pour être reconnus du public ? Par quels moyens les Pouvoirs publics favorisent-ils la naissance de ces groupes ?

Un constat s'impose : certains groupes ont vraiment percé à l'étranger. Implantées durablement en Belgique, les grosses pointures du plat pays, essaient de se faire connaître ailleurs.

C'est le cas de Sold Out. Ce groupe électro ne doit plus être présenté. Duo formé en 2003, ces musiciens sortent un disque en 2004 titré « Stop Talking » où les chansons sont teintées d'une touche rock. Le single « I don’t want to have sex with you » fait un tabac dans nos contrées et c'est le début du succès pour le couple belge.

Petit coup de pouce ?

« Sold Out »

Les deux membres de ce duo, Charlotte et David, dans le milieu de la musique depuis des années, se sont fait connaître par eux-mêmes. Les soutiens ne sont venus qu'ensuite... Il est cependant vrai que l'aide de la Communauté française de Belgique semble avoir été précieuse ; et, même si c'est leur label qui s'en est occupé, David se veut reconnaissant : « Heureusement que les différentes aides de la Communauté française existent. Les choses vont beaucoup mieux en francophonie de ce côté-là. Selon moi, des artistes avec beaucoup de motivation dans leur musique, peuvent tout à fait percer. »

« On s'est vraiment fait connaître par les médias. Pure FM, par exemple, a directement accroché », poursuit David. « Les autres radios jeunes ont suivi et la presse a embrayé, tout s'est passé très vite ; en tout cas, dans le pays... Quand on traverse la frontière, c'est beaucoup plus long... » Le groupe revient en effet d'une tournée en France, en Suisse et aux Etats-Unis. En ce moment, le duo s'est arrêté de tourner pour préparer le prochain album, dont sortie est espérée vers le milieu de l'année prochaine...

Pas de soutien et pourtant ça marche...

« Hollywood Pornstars »

Jeunes nouveaux de la scène rock belge, ce groupe voit le jour fin de l'été 2002. Remarqué très rapidement dans un concours, le quatuor enregistre un premier album « Year of the tiger » et enchaîne les concerts en Belgique ainsi qu'en Angleterre, en France et aux Pays-Bas...

Ce groupe ne doit son succès qu'à lui-même, dans ce cas-ci, en effet, ces jeunes artistes n'ont pas été subventionnés par la Communauté française « Nous n'avons jamais rien reçu, aucune subvention, nous avons eu la chance d'utiliser le web pour nous faire connaître, les Hollywood s'aventuraient dans l'inconnu et, par chance, ça a marché ! », déclare *JF* le manager des Hollywood Pornstars.

La tournée achevée, le groupe n'a joué dernièrement que quelques fois. Après avoir terminé l'année avec un concert énergisant à la Cigale, lors des Nuits belges à Paris, le mois passé, les liégeois ont décidé de souffler et de partir dans des projets parallèles. « Les Hollywood partent un peu dans leur direction respective mais ils vont bosser sur le deuxième album, on espère l'enregistrer début de l'année prochaine pour le sortir à la rentrée 2007 », confie *JF*.

« Se faire connaître par la scène »

Sweek

Le groupe Sweek fait de la musique instrumentale. Composé, notamment, d'un violon, d'un violoncelle, d'un trombone et d'une trompette, le groupe (sept membres en son sein) fait du « post-rock », selon ses propres termes. Pas de parole, seulement de la musique ! Formé depuis 6 ans, il commence seulement à se faire connaître...

Après Dour, et en première partie du concert de Yann Tiersen en Normandie, la formation fera encore plusieurs dates car « C'est uniquement par la scène que l'on peut se faire connaître ! », déclare François, violoniste du groupe. « c'est en se produisant à des festivals que l'on se fait remarquer : notre label nous a proposé un contrat à l'issue du festival de Dour, il y a 2 ans. Depuis, il a produit notre deuxième album et nous sommes devenus leur groupe phare de ce distributeur très alternatif.»

Pas de publicité pour ce petit groupe, pas de financement. « Au niveau des médias, ça a toujours été zéro, peut-être un jour,... qui sait ? Et en ce qui concerne des aides, rien n'a jamais été reçu. » L'aide sera toujours la bienvenue pour ces artistes mais, dans ce cas-ci, on pourrait se demander si elle n'arrivera pas un peu trop tard...