Musique / Festivals

Avec ses cheveux sombres, son regard vif et son sourire de madone, Sophie Watillon semblait sortir tout droit de l'époque qu'elle défendait si bien. Mais la douceur était, chez elle, associée à une volonté peu commune, une volonté qui la poussa à développer son talent dans un domaine rare et pointu, celui de la viole de gambe, où elle se distingua d'emblée sur le plan international; une volonté qui lui permit aussi de lutter plus de deux ans contre la maladie et d'enregistrer tout récemment un disque bouleversant.

Sophie Watillon est née le 7 décembre 1965 à Namur, dans une famille où l'on pratiquait la musique en amateurs à un très haut niveau. C'est avec sa mère qu'elle apprend la viole de gambe et elle n'a que 16 ans lorsqu'elle est acceptée au conservatoire de Maastricht, dans la classe de Philippe Pierlot. Elle y obtient un premier prix, travaille ensuite avec Wieland Kuijken, au conservatoire de Bruxelles et avec Paolo Pandolfo à la Schola Cantorum de Bâle, récoltant au passage des diplômes supérieurs de viole et de musique de chambre. Sa rencontre avec Jordi Savall est déterminante: elle fait bientôt partie intégrante de la Capella Reial de Catalunya, de l'ensemble Hesperion XXI et du Concert des Nations, formant avec Jordi Savall et Philippe Pierlot (notamment) la fameuse équipe que l'on sait...

Tout en pratiquant l'enseignement de la viole de gambe à L'Ecole Supérieure de musique de Catalogne et à l'Académie de Woluwé Saint-Lambert, elle se produit régulièrement avec le Seminario Musicale, Cantus Köln, le Poème Harmonique, la Capilla Flaminca et le Ricercar Consort... Pour Philippe Pierlot, qui dirige ce dernier, «Sophie était la musique même, une artiste hyperdouée, abordant tout avec naturel et évidence, aussi à l'aise dans des pièces en création de Bernard Foccroulle- qu'elle et Philippe Pierlot ont d'ailleurs enregistrées, NdlR - que dans les partitions anciennes. C'était aussi une personnalité indépendante et secrète».

En tant que «simple» instrumentiste, la jeune femme a participé à de nombreux enregistrements avec les ensembles cités plus haut - depuis les «Cantica Sacra» d'Henry Dumont de Thier avec le Ricercar, jusqu'aux oeuvres de Ferrabosco avec Hespérion XXI. Par ailleurs, ses CD personnels ont fait date, avec la «Viola bastarda» (1994) débordante de fantaisie et d'émotion, «La Rêveuse» de Marin Marais (2002) qui lui valut le prix de l'Académie Charle Cros, et le tout dernier, consacré aux oeuvres pour violes de Christopher Simpson, et enregistré avec Friederike Heumann, Brian Franklin, Matthias Spaeter et Luca Guglielmi.

Le service religieux aura lieu ce samedi 3 septembre à 10h30 à la cathédrale Saint-Aubain à Namur.

© La Libre Belgique 2005