Musique / Festivals

À 44 ans, le chanteur belge signe “Tout au bord”, un premier album sous son propre nom. Par volonté de s’approcher de lui-même. Bien vu.

Alors qu’on voulait finaliser par texto le rendez-vous qui avait été pris dans l’après-midi avec Laurent Ancion, nous parvient ce message  : “De 11 à 13h, je suis… à l’auto-école.” Impossible, quand on le retrouve plus tard à la terrasse d’un café branché de l’avenue Rogier à Bruxelles, de ne pas le titiller sur ce qui, pour nous, est une étonnante et bien louable intention. Car elle arrive sur le tard – le futur conducteur a 44 ans. “Quelque part, cela vient défier le fait que j’ai des enfants, que je travaille, mais que je ne sais toujours pas ce que je ferai quand je serai grand, donc ça m’amuse d’apprendre à conduire (rires).” Mais là n’est pas la teneur de notre rendez-vous.

“Même les chansons
les plus tristes sont toujours
là pour nous relever.”

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L’actualité du chanteur consiste en une série de concerts qu’il va donner dans la foulée de la sortie de son premier album Tout au bord. Au bord non pas du précipice car, pour l’intéressé, “même les chansons les plus tristes sont toujours là pour nous relever” . Depuis qu’il joue de la musique (et, ça remonte !), Laurent Ancion compose pour faire un pas en avant, pour essayer de toucher quelque chose qu’il ne comprend pas, qui le défie, qui l’émeut, quelque chose qu'il “n’arriverai[t] pas à toucher avec [ses] bras physiques” .

Ses tout débuts remontent bien avant les groupes amateurs adolescents ou les formations plus professionnelles… Il avait 3-4 ans. Ses parents sont les fondateurs du théâtre de marionnettes Al Botroûle, à Liège. “Pour jouer dans les spectacles de mon père, je me mets à jouer du tambour puis de la batterie. J’étais taillable et corvéable à merci” rigole-t-il. Plus tard, il étudiera son latin dans la camionnette, au gré des lampes d’autoroute orange qui rythment les “déplacements” du théâtre.