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Il était de la partie au Summerfestival à Anvers et au festival LaSemo à Enghien. Il est en ce moment au Gent Jazz Festival et sera bientôt de retour au festival Tomorrowland d’Anvers. Le moyen de paiement dématérialisé cashless fait sa place dans les festivals d’été.

Le système se présente sous la forme d’une puce insérée dans une carte plastifiée ou dans un bracelet. En un simple scan, le festivalier peut payer boissons et nourriture sur le site sans devoir ouvrir son portefeuille. Il charge de l’argent à l’avance par virement. Il peut aussi le faire via des comptoirs ou son smartphone pendant le festival.

Fini l'argent liquide

Ce mode de paiement est venu de Hongrie, où le Sziget Festival à Budapest l’utilise depuis 2011. Le festival Paradise City, dans le Brabant flamand, est le premier de Belgique à l’avoir employé, en 2015.

Le festivalier n'a plus besoin d’argent liquide ou de jetons et risque moins de se faire voler. Il évite aussi de devoir faire la file au stand de tickets. Pour les organisateurs, le système présente également des opportunités. Les équipes sont plus rapides au bar et le risque d'erreur est diminué. La manipulation d'argent est réduite ainsi que les déchets liés aux jetons utilisés. 

Pour le directeur du festival LaSemo, un autre avantage est important : "Le système récolte des statistiques quant aux heures et lieux d'affluence, qui permettent notamment d'ajuster le nombre de personnels, de stocks et de matériels."

Des pertes en cas de panne

Avec cette technologie, l’utilisateur peut toutefois perdre le fil de ses dépenses. Il ne sait pas prêter son bracelet et doit être présent en personne pour payer. Il doit également demander rapidement, après la fin du festival, le remboursement de l’argent inutilisé. Une telle démarche est parfois facturée. 

Des bugs peuvent aussi paralyser le système de manière temporaire et empêcher tout achat. Le festival espagnol Primavera Sound a connu une panne en 2011. Pendant plusieurs heures, aucune vente n'était possible. Les festivaliers n'ont pu s'abreuver malgré la chaleur et les organisateurs ont eu un manque à gagner considérable. 

Le festival LaSemo, où le système cashless a été utilisé pour la deuxième année consécutive, a connu ce genre de problème lors de sa dernière édition. Son directeur explique : "Ce sont les joies de l'informatique et nous sommes assez dépendants de ce type de solution. Le réseau a été élargi par rapport à celui de l'année passée et a rencontré quelques soucis en début de festival. Ils ont été assez vite réglés. Ce sont des défauts de jeunesse mais la solution est bonne."

Pas dans les gros festivals

Le festival de Dour n'a pas adopté le système pour cette raison. "Si un problème survient au bar et empêche la vente, ce serait préjudiciable pour le festival. Les boissons sont une source de revenus importante", explique un des organisateurs. Il ajoute : "Le système ralentit le processus et cause des problèmes dans la comptabilité.

Le Graspop Metal Meeting à Anvers et le festival Rock Werchter n'emploient pas non plus le moyen de paiement cashless. Un responsable du Rock Werchter explique cependant que l'objectif reste de limiter les paiements en liquide : "Tous les tickets boisson et nourriture sont disponibles en prévente. Sur le site, une réduction est offerte pour les tickets achetés par paiements électroniques et les achats peuvent aussi être effectués via une application."

Pas seulement pour les achats

Depuis plusieurs années, des bracelets à puce sont toutefois bien employés par les festivals Rock Werchter, Dour et Graspop. Celle-ci sert à d’autres applications, parallèles mais combinables, comme le contrôle des accès aux zones du festival et la gestion du personnel et des accréditations. Avec leur bracelet, les festivaliers peuvent aussi indiquer, sur les réseaux sociaux, leur localisation à un stand d'un partenaire commercial du festival.