Musique / Festivals

ENTRETIEN

Ça ne s'invente pas: en polonais, Sobotka signifie... petit samedi. Pour Iwona Sobotka, toutefois, le 15 mai n'aura rien eu d'un petit samedi: c'est au contraire un grand jour même si, rencontrée le lendemain, la soprano polonaise n'avait absolument pas attrapé la grosse tête. Et de raconter le fameux instant où, assise avec les onze autres finalistes dans l'antichambre de la scène, elle a entendu Arie Van Lysebeth proclamer son nom: «C'était totalement inattendu, mais je n'étais pas au bout de mes surprises. Je croyais, en effet, que l'on appelait d'abord le troisième lauréat, et je pensais donc être troisième. Ce n'est que quand j'ai entendu le président proclamer un Troisième prix que j'ai compris que j'avais gagné.»

Il faut dire, à sa décharge, qu'Iwona Sobotka n'avait jusqu'ici qu'une connaissance relative des arcanes du Concours Reine Elisabeth. Elle avait bien entendu parler d'Aga Winska, mais sans l'avoir jamais rencontrée, et ce n'est qu'en arrivant à Bruxelles qu'elle a appris que sa compatriote avait gagné la première session de chant en 1988. «Je me suis inscrite après avoir vu l'affiche du Concours dans mon école (NdlR: l'Ecole supérieure de musique Reina Sofia de Madrid, où elle s'est installée depuis septembre 2003). Quand j'en ai informé Tom Krause, mon professeur, il m'a dit: bonne idée. Et ce n'est que quelques jours plus tard qu'il m'a dit qu'il faisait partie du jury.»

A 22 ans seulement, Iwona Sobotka n'avait donné jusqu'ici que trois ou quatre concerts avec orchestre («Mais jamais avec un si grand orchestre!», précise-t-elle, comme encore émerveillée), et n'est encore jamais montée sur une scène d'opéra professionnelle. C'est dire qu'elle a dû étoffer son répertoire pour préparer le concours: «Je n'ai évidemment jamais imaginé de me retrouver en finale, et y parvenir était déjà un immense bonheur. On fait avant tout ce genre de concours pour voir ce dont on est capable: réussira-t-on, oui ou non, à chanter cinq morceaux solides comme cela? J'ai choisi des pièces qui conviennent à quelqu'un de mon âge: je peux m'identifier à Manon de Massenet, à Nanetta dans «Falstaff» ou à Louise de Charpentier, j'aime cette façon de chanter. Il y a des oeuvres que j'adore -chez Verdi ou Puccini notamment- mais qui ne me conviennent pas actuellement: je ne parle pas seulement de voix, mais aussi de personnalité. Dans un concours, on ne dispose pas de l'aide d'un metteur en scène comme à l'opéra: personne pour vous dire qu'il faut faire ceci ou cela, vous ne pouvez compter que sur vous-même, et il vaut donc mieux être ce que vous êtes vraiment.»

Et «Beim Schlafengehen», un des quatre derniers lieder de Strauss, qu'elle a chanté de façon si bouleversante qu'il y avait nombre d'yeux rougis dans la salle Henry Le Boeuf, n'était-ce pas un choix étonnant pour une chanteuse si jeune? «C'est Tom Krause qui m'a conseillé de le chanter, il m'a dit: tu la chanteras très bien. La musique est si belle. Je rêve de pouvoir chanter tout le cycle avec orchestre.» Rien de prévu toutefois à ce jour pour le traditionnel concert de gala des lauréats qui sera donné le 9 juin en clôture de cette session 2004. Les choix seront arrêtés lors d'une réunion prévue ce lundi avec les responsables du Concours et ceux de l'Orchestre symphonique du Vlaamse Opera, la phalange qui accompagnera les candidats sous la baguette de son directeur musical Ivan Törzs.





LIENS PUBLICITAIRES

"Ascenseurs - Nouvelles exigences de sécurité de l'A.R. du 09/03/2003"

Pour faire un peu de sport certaines personnes empruntent l’escalier plutôt que l’ascenseur. C’est bien ! Il n’empêche, nous passons chaque année, plusieurs heures dans les ascenseurs et trouvons normal que les 75.000 appareils du parc belge nous conduisent, en toute sécurité, aux étages voulus.


lalibre.be ne peut être tenue responsable du contenu de ces liens.

© La Libre Belgique 2004