Musique / Festivals

La musique francophone était à l'honneur, samedi, à Saint-Gilles où le Centre culturel Jacques Franck accueillait la finale du tremplin musical "Musique à la française". Depuis sept ans, ce concours organisé par le Conseil de la musique met en valeur des jeunes artistes belges francophones.

Salle archi-comble

Sur les 17 demi-finalistes, six projets se sont démarqués, répartis en trois catégories : chanson française, pop rock et hip-hop. Face à eux, un jury de 22 professionnels du secteur musical (médias, agents ou encore organisateurs de concerts), et une salle archi-comble de 400 personnes. Chaque groupe a vingt minutes pour se faire valoir.

A en juger par l'ambiance détendue qui flotte dans les rangs, on devine que familles et amis se sont déplacés en masse pour soutenir leur favori. De quoi rassurer les deux premiers à se présenter, Marie-Noire et Gaëtan Vassart, dans la catégorie chanson française. Marie-Noire, trio guitare-violon-percussion emmené par Vanessa au chant, tente de nous entraîner dans son univers. Le décor intime est bien posé, un peu trop même. On aurait aimé voir le trio s'approprier la scène avec plus d'énergie.

Une énergie qui ne fait pas défaut à Gaëtan Vassart. En tête-à-tête avec sa guitare acoustique, il se distingue avec des textes chiadés et une interprétation (trop ?) mimée et dynamique. Comique quand il imagine sa rencontre avec Bruno Coquatrix, Gaëtan Vassart est aussi touchant quand il aborde l'euthanasie dans son dernier morceau "La touche étoile".

Après la chanson française, place au son pop d'"Ivan et les Singes Savants". Une violoncelliste, un contrebassiste, un pianiste et un batteur gravitent autour d'Ivan Tirtiaux, le chanteur-guitariste. Leur pop, métissée, est teintée de bossa et de funk. Un mélange alléchant sur le papier, un peu moins en live. Assez terne, le groupe se libère tout de même dans une dernière cartouche très funky.

L'autre groupe pop de la soirée, "Le Yeti", est formé autour de son chanteur-guitariste Thierry De Brouwer. Entouré d'un ensemble batterie-piano-basse, il chante des mélodies enjouées, mêlées à des passages plus instrumentaux. Mais on reste un peu sur notre faim de pop. La faute peut-être aux catégories : entre chanson française et pop française, la barrière devient vite floue.

Le hip-hop aura été le gros moment d'ambiance de la soirée. Surtout lors du passage de "Opak", un collectif de quatre MC's et un DJ. Leur jeu de scène fougueux a fait se lever la moitié de la salle - dont une grande partie acquise d'avance à leur cause. Dommage que cela se soit parfois fait au détriment de la compréhension des textes.

Veence Hanao à nu

Il a aussi fait le show, mais tout seul. Lui, c'est Veence Hanao, un rappeur-slameur de 23 ans. Sur des "instrus" tantôt jazzy, tantôt lourds et épurés style TTC, il se met à nu en racontant son univers. Des textes originaux et travaillés, comme quand il interprète avec sa petite amie l'histoire de leur couple, a cappella. Il termine sa prestation en "tour operator" délirant du centre-ville de Bruxelles.

L'heure de la remise des prix venue, Veence Hanao reçoit la récompense la plus convoitée : le prix du ministère de la Culture de la Communauté française. Il comprend une somme de 3000 euros, mais aussi une date à Eu'Ritmix, une participation à la tournée des forums Fnac et un morceau sur la compilation "Ça balance pas mal à Liège". Il gagne aussi le prix des Francopholies de Spa, soit une date sur le festival. A la seconde place, Gaëtan Vassart remporte le prix de la Région Bruxelles-Capitale, soit 3000 euros. A noter, dans le jury pléthorique, la présence de deux membres de RTL : soit deux fois plus de poids que chacun des autres organismes venus décerner un prix...

(st.)