Musique / Festivals

A l'occasion d'un hommage rendu à l'ethnomusicologue Alan Lomax, l'AB propose un retour aux sources du jazz de la Nouvelle Orléans, illustré en live avec le concert du célèbre Preservation Hall Jazz Band. Le calypso de Jan De Smet et le dj set rétro-kitsch exotique de Blue Flamingo exploreront les sphères infinies du Jazz et achèveront cette remontée dans le temps et l'espace.

Alan Lomax (1915-2002) est un des pionniers dans l'ethnomusicologie. Cette science humaine qui consiste à étudier les rapports entre musique et société, a permis d'établir un héritage populaire de la musique. Alors que la musique est bien souvent le monopole des artistes, les vieux enregistrements crépitants des voix authentiques ramenés par les ethnomusicologues apparait elle, comme universelle et intemporelle. Un des plus beaux exemples est celui de la voix d'une jeune femme enregistrée en Nouvelle-Guinée dans les années 70 par un ethnomusicologue français. Dans les années 90 cet enregistrement fut samplé par le groupe Deep Forest est repris par l'émission Ushuaïa et devint un tube mondial sans jamais révéler la provenance ni l'identité de cette voix. L'artiste de musique électronique Moby a samplé la voix de Vera Hall, chantant "Trouble so hard" qui a été enregistrée en 1937 par le père d'Alan Lomax. Alan Lomax poursuivant le travail de son père, a révélé les légendes du blues Leadbelly (dont "Where did you sleep last night" fut repris par le groupe rock grunge Nirvana) et du folk, Woodie Guthrie.

Le Jazz est né dans la Nouvelle-Orléans aux confluents des cultures africaines, européennes et créoles. La soirée débutera avec la projection d'un documentaire réalisé par Alan Lomax. Des piano bars aux bouges malfamés en passant par les brass bands bigarrés et les parades de rue délurées, le film "Jazz Parades : feet don't fail me now" raconte ce jazz qui envahit les rues de la Nouvelle-Orléans, fait bouger les corps et rassemble les communautés.

Le Preservation Hall Jazz Band donnera un concert qui fera revivre le jazz traditionnel de la Nouvelle-Orléans. Le groupe tire son nom d'un "Jazz Hall" situé dans le quartier français de la Nouvelle-Orléans. Logée dans une vieille bâtisse du 18 ème sicèle, la salle était au départ une galerie d'art qui employait des jazzmans pour attirer les visiteurs. Allan et Sandra Jaffe rachetèrent l'établissement en 1963 pour en faire un temple dédié uniquement au Jazz. Cette institution veille à préserver le patrimoine du Jazz de la Nouvelle-Orléans et de le partager au public. Les membres du groupe ont de 28 à 88 ans dont certains ont travaillé au près de Louis Armstrong et Jelly roll Morton.

Enfin Blue Flamingo poursuivra la soirée avec un dj set Jazz, Mambo et Exotica (jazz apparue dans les années 60 aux Etats-Unis, s'inspirant des musiques des îles du Pacifique et d'Océanie). Ziya Ertekin vient de Rotterdam et voue une passion au 78 tours qu'il collectionne sans modération. Véritable dandy au style crooner, Ziya Ertekin est resté suspendu aux mélodies des années folles qu'il ressuscite de son gramophone d'époque avec amour. Délicieuses vieilleries édulcorées, ces précieuses mélodies déploient tout un imaginaire baroque, élégant où l'exotisme côtoie l'élégance à l'image du flamant rose...Délicieusement Kitch.

The Preservation Hall Jazz Band + Blue Flamingo, le 27 octobre à L'Ancienne Belgique, 19 heures.