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L'adage voudrait que nul ne soit prophète en son pays. L'acclamé et attendu retour de dEUS le fait mentir. Un album qui se vend comme des petits pains et trois dates de concert à l'Ancienne Belgique «sold-out» en moins de temps qu'il n'en faut pour envoyer un SMS: depuis le début, c'est dans son propre pays que la formation de Tom Barman a toujours été la plus soutenue.

C'est avec un délice particulier que l'on retrouvait donc, mardi soir, à Bruxelles, une Ancienne Belgique des grands soirs. Pleine à craquer et bourdonnante. En bons rois du rock «made in Belgium», les membres du groupe n'auront pas fait attendre leur public: c'est à 20h30 précise qu'ils entament leur set par «Pocket Revolution», le morceau qui donne son nom au dernier album. dEUS se donne le temps, durant trois, quatre morceaux de s'installer et permet au public de rentrer doucement dans le concert avant d'entamer les choses sérieuses. Après 20 minutes, le crescendo final d'«Instant Street» permet une première fois aux 2000 spectateurs de se déchaîner, l'enchaînement imparable avec «Feel of the floor man» permettant au concert de franchir un premier palier. Ça y est, on le sent, maintenant, le groupe est bien dedans. La seconde partie du concert permet au groupe de mêler les «compos» les plus accessibles de «Pocket Revolution» en les mêlant à quelques classiques tels que «Worst case scenario», «Roses» ou encore une version très réussie de «Turnpike» sur lequel Mauro Pawloski (guitare et voix) se lâche quelque peu pour le plus grand plaisir de la salle.

C'est un fait, dEUS ne doit plus chercher à impressionner quiconque, ce qui permet au groupe de construire un concert très mature lui permettant d'étaler, sans effets de manche inutiles, toute la palette (du rock tendu aux intrusions jazzy) qui fait que le son dEUS est devenu une marque de fabrique.

Embarcation stabilisée

Après avoir traversé de grosses tempêtes, l'embarcation anversoise semble s'être stabilisée et avoir abandonné le côté brouillon des prestations précédentes qui, tout en constituant une partie du charme scénique du groupe, empêchait aussi aux compositions de dévoiler tous leurs charmes. Le premier rappel confirmera cette impression entre le nouveau «Bad timing», le toujours aussi envoûtant «Serpentine», la sérénité de «Little Arithmetics» et le toujours très attendu «Suds & Soda» repris en choeur par la salle. Reste alors au groupe à réapparaître pour un dernier morceau («What we talk about») et clôturer 1h50 de concert. Cela semble un peu court, certes, mais le groupe est sans doute soucieux de garder de l'énergie pour les concerts de mercredi et jeudi. Puisqu'on vous dit qu'ils se sont assagis.

© La Libre Belgique 2005