Le second projet du Peas

Nicolas Capart Publié le - Mis à jour le

Musique / Festivals

Une chaude soirée du début de l’été 2007 dans la capitale. Sur scène, des musiciens du cru font bouillir le mercure et irradient la foule de rayons funky. Frustrés de devoir contenir leurs pas, les danseurs des premiers rangs décident d’initier quelques aménagements, histoire d’optimiser l’espace. S’organise ainsi un curieux ballet de chaises (musicales), passées de mains en mains de l’avant-scène à l’arrière-foule, au rythme des cuivres du Peas Project.

Plus que rodé sur les planches, le groupe s’enferme alors en studio et peaufine, tranquille, sa nouvelle identité artistique. Elle fait désormais l’objet d’un second opus. Et se décline toujours avec fracas sur scène. Cet été le groupe est très occupé et son agenda festivals des plus complets. La bande était à Tour & Taxis il y a deux semaines pour Couleur Café. Le Peas se déplaçait également en bord de Meuse pour les Ardentes le week-end dernier. Enfin, ce jeudi, le groupe jouera au Dour Festival. Rencontre.

Vous venez de signer “Power&Romance”, deuxième chapitre de l’histoire Peas Project. Mais les débuts remontent à 2003.

Max (saxophone alto): On peut distinguer deux périodes dans l’historique du Peas Project. Au départ, il ne s’agissait que d’une bande de potes qui se réunissaient dans une cave d’Auderghem pour jouer du funk. Ça s’est rapidement mis à fonctionner pour ce groupe - qui finalement n’avait pas vraiment d’ambition au départ - en participant à des concours, en apparaissant au Jazz Marathon. Le public suivait et on avançait. En 2007 sortait notre premier disque, un résumé de cette longue première période très spontanée où, en tant que jeune groupe, c’était surtout sur scène que cela se passait. Un quasi live, compilant tous les morceaux que l’on jouait jusqu’alors, mais sans réels arrangements de CD. Comme un souvenir.

Jérome (trompette) : Ce n’était pas le but premier. Renaud Houben, un ingénieur-son avait lequel on travaillait, venait de récupérer un vieux studio qu’il a mis à notre disposition. Laurent Blondiau, un trompettiste de jazz, nous a aidés pour éviter que l’on s’étripe durant les enregistrements. Cela ne devait pas coûter trop d’argent. Ça a été plus cher que prévu, évidemment. Mais faire un album était une occasion de progresser.

Le groupe se forge une solide réputation en live. Puis s’évapore dans la nature. Où étiez-vous? 

Max : On a fait énormément de concerts les premières années. Deux concerts sur la Grand-Place, deux première partie de Maceo Parker, pas mal de festivals. Il y avait une sorte d’effervescence autour du Peas Project sur scène. Les gens aimaient notre énergie. Puis a commencé la seconde période du groupe, entamée par deux années de recherche qui ont mené à notre second album. Et dès lors, le public nous a beaucoup moins vu. Mais nous avions, je crois, besoin de prendre ce temps pour développer une personnalité musicale valable à nos yeux. On préparait quelque chose.

Jérome : Après avoir progressé avec le premier, le deuxième opus était, lui, l’occasion de redonner un coup de projecteur au projet. Au terme d’une saison et demie, ça commençait logiquement à s’essouffler. C’était donc nécessaire pour redonner des arguments aux programmateurs et refaire parler de nous avec une actualité.

Comment faites-vous pour gérer le projet avec toute la troupe?  Vous êtes onze, c’est bien ça? 

Kam (chanteur) : Non, dix maintenant. Parce que Mello vient de se faire virer en fait. (rires)

Mello (DJ/percussionniste), (qui vient de nous rejoindre) : Ah bon? C’est pour ça que vous m’avez donné rendez-vous. Je me disais bien, d’habitude je ne fais pas les interviews. Plus sérieusement, la question du nombre s’est effectivement posée. Ce nouveau disque a été conçu en home studio avec un effectif réduit. Nous voulions à la base réaliser un album avec tout le groupe, mais l’on a rapidement été confronté à des problèmes d’indisponibilités des musiciens à rejoindre les sessions de travail. Du coup, on a décidé de s’y mettre avec ceux qui étaient motivés et présents, avec les moyens du bord. [ ] Cela fait un moment déjà que le groupe baigne dans la musique électro. On organise des soirées sur Bruxelles depuis quelques années. Jérome et moi avons acquis une petite expérience en matière de production sur ordinateur. On a donc commencé à imaginer des morceaux sous forme de maquette. Kam est venu y poser sa voix et on a monté les structures. Pour finalement s’apercevoir que nous avions un bon paquet de chansons et que tout cela sonnait déjà pas mal. Il était là notre album. Restait à trouver la personne à qui le confier pour finaliser le travail.

C’est sans doute la raison pour laquelle ce “Power&Romance” très électronique se démarque tellement de son prédécesseur plutôt funk? 

Mello : Pour nous, être funky est plus une question d’état d’esprit qu’une vraie démarche musicale. Et l’attitude est toujours là. Même si la forme a effectivement évolué vers d’autres genres. Après tout, le funk appartient au passé et l’on ne peut que copier les standards de l’époque. Nous l’avons fait avec le premier album du Peas. Aujourd’hui, le projet évolue. Mais si le terme "funk" signifie "transpirer sous les bras" et fait référence aux effluves d’après-fête de l’Amérique funky des seventies, cet aspect-là reste une priorité pour nous.

"Power&Romance", un CD Sonic RV/New Music Distribution

Publicité clickBoxBanner