Musique / Festivals

Samedi 7 juillet 2018. Poursuite de ce week-end en musique et lendemain de veille historique. Au réveil, un court instant, on se demande néanmoins si tout cela est bien arrivé. Mais, très vite, les traces de maquillage noir, jaune et rouge laissées cette nuit sur notre oreiller vont nous le confirmer : la Belgique est bel et bien en demi-finale de la Coupe du Monde et, après avoir éliminé l'armada brésilienne tant redoutée, rejoint la France qu'elle affrontera dans le dernier carré.

Il est des événements transcendants. Et si, aux Ardentes, d'ordinaire la musique est reine, vendredi soir, pour laisser le ballon rouler, les notes s'arrêtaient presque complètement. Pour y parvenir, ce sont les frangines franco-cubaines Ibeyi qui nous accompagnaient côté Jardin de leurs voix conjuguées. Et la magie de leurs harmonies a de nouveau parfaitement opéré. Pourtant, nous n'y sommes pas ou peu… Vingt heures approche et la tension provoque déjà dans l'estomac les premiers nœuds. Chacun a choisi son spot pour regarder le match, diffusé aux quatre coins du site de Coronmeuse sur grand écran, et tous ou presque ont évidemment choisi le même camp. C'est parti pour au moins nonante minutes de buteurs (peut-être) et de tremblements.

© Elodie Ledure

Délivrance

Quand l'arbitre monsieur Mazic (dont la prestation aura allègrement fait oublier celle de l'abominable Prendergast en 2002) siffle le coup de sifflet final, c'est la délivrance et l'explosion de joie. 25.000 festivaliers soufflent, exultent, sautent, crient, s'embrassent et laissent éclater joie et émotions. La nuit promet d'être longue, et c'est maître Solaar (ci-dessus) qui a été choisi pour reprendre le flambeau sur la grande scène, juste après le gazon chéri et les confettis. Une mission certes gagnée d'avance pour lui, devant une foule extatique et déjà ivre de bonheur dont rien ne pourrait gâcher le plaisir, mais quand même un défi, tant il faudra que ses rimes trouvent entre les klaxons et les pimpons le chemin de nos écoutilles. Etrange moment en suspension, qui au moins aura permis d'oublier parmi les sourires le piètre dernier album et le récent retour manqué de l'ami Claude MC.

© Elodie Ledure

Du côté de la Rambla, l'estrade et l'après-match avaient été confiés à la chanteuse et ensorceleuse irano-néerlandaise Sevdalisa (ci-dessus), qui n'eut de cesse de nous hypnotiser de ses drôles de mouvements de bras. Un véritable OVNI, qui visuellement pourrait être la fille de Dalida et Grace Jones, et musicalement une sorte de Bjork version r'n'b. Curieux mélange nous direz-vous à raison, mais bien malin celui qui pourra déc

Enfin, pour porter l'ultime estocade, quoi de mieux que les reprises de tubes éléctroniques sauce brassband par Meute, incroyable fanfare allemande. Déjà éprouvé et plus que jamais approuvé, la joyeuse bande arrivait à point pour réveiller les supporters imbibés et dégoupiller ce qui restait de nuit.   

© Elodie Ledure