Les cachotteries d’Aulnoye-Aymeries

Nicolas Capart Publié le - Mis à jour le

Musique / Festivals

Si pour certains, l’unique Secret Story se joue dans une succursale de chez Endemol entouré de jeunes gens décérébrés, d’autres ont pris l’habitude de filer chaque milieu d’été vers le pays des Ch’tis pour tenter de faire la lumière sur les mystères mélodiques de la jolie Aulnoye-Aymeries. Un petit festival qui d’ailleurs ne l’est plus vraiment, désormais fort de plus de cinquante milliers d’amateurs, alors même que Les Nuits Secrètes fêtaient ce week-end leurs dix ans (si l’on fait abstraction de l’édition première, lancée en 2002 sous le nom d’Estivales, NdlR).

Ici, le froid des astres est bien souvent inversement proportionnel à la chaleur des autochtones et les sourires poussent à l’eau de pluie. Habitué des mastodontes de l’événementiel, où l’on se fond dans la masse et les files du bar à l’insu de son plein gré, c’est avec un plaisir non feint que nous foulons le bitume d’une fête de la musique aux dimensions humaines, dont les allées se confondent trois jours durant aux axes et ruelles de ce patelin du Nord de l’Hexagone, et dont le mini-centre-ville demeure totalement fermé à la circulation tant que les notes résonnent.

Les Nuits Secrètes, c’est avant tout une grande scène gratuite. Si le budget total des festivités cachottières reste raisonnable, il n’en est pas moins assuré pour moitié par les caisses de l’Etat français. Et le line-up n’en est pas moins alléchant. Cette année, on pouvait y applaudir (ou pas) le jeune rappeur Orelsan, les Français Zebda ou nos compatriotes Deus. Mais, en marge du grand podium, d’autres Belges ont brillé ici. Zita Swoon et son band livraient ainsi vendredi un set haut en couleurs sur la seconde scène du festival, le Jardin (payante mais très démocratique), avant de laisser les planches à un très bon Baxter Dury et d’excellents Battles, encore.

Puis, tous les à-côtés. Le parcours secret d’abord, où les Bruxellois Great Mountain Fire, parmi d’autres, se la jouaient bucolique pour un concert ex cathedra, dans une église, une grange ou un vieux moulin. Le principe est simple : une poignée de festivaliers montent dans un bus pour une destination qui leur est inconnue. Tout comme d’ailleurs l’artiste qui tentera de les y enchanter. Avec l’Australien Steve Smyth, samedi, ça a marché. Il y a aussi les désormais fameuses sessions secrètes, durant lesquelles un groupe présent au programme se retrouve en studio avec l’obligation de pondre un morceau en deux heures chrono accompagné de musiciens locaux. Le tout filmé et enregistré se retrouvant directement sur la toile et iTunes pour les caisses d’une bonne œuvre. Enfin, citons ces concerts en piscine, où le Québécois So Called a fait se dandiner tous ceux qui faisaient trempette. Et tant d’autres secrets encore à révéler.

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