Musique / Festivals

Ce serait bouder son plaisir - et galvauder une rare occasion de positiver - de ne pas se réjouir et souligner que 2017 fut aussi une année féminine. Il convient certes de maintenir les manches relevées et de continuer d’œuvrer à combler ce fossé trop longtemps creusé. Mais, entre les #metoo et les #balancetonporc, est né le sentiment qu’enfin les voix s’entendent, accrochent, alertent un tant soit peu et dépassent en tout cas leur éternel stade de bruissement.

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Sans qu’il y ait de véritable rapport de cause à effet, on constate qu’en Belgique, elles furent quelques artistes aux fortes personnalités et aux talents divers à tirer leur épingle du jeu musical. Si la scène rap, toujours en pole position côté création, accuse un certain retard - sans doute structurel - en matière de représentativité hommes/femmes, l’école électronique du plat pays a vu émerger deux nouvelles premières de classe. D’un côté, l’Anversoise Amélie Lens, 27 ans, ex-mannequin devenue fée techno aux mélodies sombres et au regard hypnotique, récemment entrée dans la cour des grands du deejaying. De l’autre, la Gantoise Charlotte de Witte, de deux ans sa cadette, elle aussi adepte d’une techno faite d’onirisme et d’obscurité, omniprésente sur les scènes du monde entier.


De Biasio la star, Angèle l’espoir

Dans un tout autre genre, difficile de ne pas citer Melanie De Biasio. Située à mi-chemin entre le jazz et le blues, la chanteuse carolo a une nouvelle fois fait l’unanimité auprès du public et de la critique avec un quatrième album ("Lilies") magnifique, intemporel et transgenres, qui vaut désormais à notre compatriote de se produire à la fois dans les clubs intimistes, les salles de concert grand public et les festivals généralistes. Exploit extrêmement rare dans le monde du jazz.


Il faut enfin saluer Angèle, petite princesse pop appelée au trône pour l’année annoncée. Un cas d’école à défaut d’être particulier. Celui d’une très jeune artiste balancée en plein ciel alors que ses ailes sont à peine déployées. D’un talent brut, sous les projecteurs un peu hâtivement balancé. Cependant, la demoiselle a du cran, un indiscutable talent, du tempérament. Fille du chanteur Marka et de la journaliste/humoriste Laurence Bibot, sœur du rappeur belge dans le vent Roméo Elvis, Angèle va égaler et devrait dépasser les plébiscites et succès cumulés de son artistique lignée. Grâce à une maîtrise des réseaux naturelle chez elle et déjà bien ancrée, à un capital sympathie au zénith, à sa modernité, à son minois d’ange et à son timbre de voix délicat. 2018 sera donc Angèle ou ne sera pas.