Les Francos de Spa en mots croisés

Marie-Anne Georges et Sophie Lebrun Publié le - Mis à jour le

Musique / Festivals

A Spa, les concerts se suivent et ne se ressemblent pas. Durant cinq jours, plus de 200 concerts prennent place dans des lieux éclatés. Au récit linéaire de ces derniers jours, nous avons préféré les voies transversales. Lexique.

Amérique. Ils s’appellent Hudson, Malibu Stacy, Elvis Black Stars, Hollywood Porn Stars, Vegas - et tous se sont produits au Village Francofou cette année. Sans compter Girls in Hawaii, dont un nouvel album est en préparation, c’est confirmé. Il faudra un jour que quelqu’un se penche sur la fascination des groupes belges pour l’Amérique

Bilan. 19e édition, 5 jours, 5 sites, 8 scènes, plus de 200 concerts et 160 000 personnes dans Spa. Un peu moins que l’année dernière, selon les organisateurs qui n’aiment pas aborder ce sujet. C’est vrai que les premiers jours, on se bousculait moins au Village Francofou. Les chiffres ne peuvent pas être exponentiels d’année en année. Où cela finirait-il ?

Degrés. Ce n’est pas tant la pluie - finalement peu perturbatrice, lors de cette édition (Joshua et Kaer en ont fait les frais) - que les températures "un peu fraîches" pour la saison qui ont marqué les festivaliers. Et les artistes : Rover ("Fais pas chaud !"), Rachida Brakni ("Une chanson du sud pour vous réchauffer"), Laurent Voulzy, content qu’on lui apporte une veste.

Hystérie. Chilly Pom Pom Pee, qui a présenté, vendredi après-midi aux Francos juniors, "sa fabuleuse et authentique histoire du rock" aux enfants de 5 à 55 ans et plus, n’a pas manqué de solliciter le public pour illustrer l’hystérie provoquée lors des concerts des Beatles en leur demandant de hurler sur "Love me do". Dans un autre genre, le soir sous le Dôme, Mickaël Miro a aussi fait crier les jeunes filles alors qu’il implorait : "Donne-moi de tes nouvelles. Ton silence me rend fou" ("La lune s’en fout"). Elles étaient toutes prêtes à remplacer celle qui venait de le larguer

Langue. Auprès des groupes rock belges ou français, l’anglais, langue plus directe, est omniprésent. De là à convier, aux Francofolies, trois artistes - Hugh Laurie, Charlie Winston ou Julian Perretta - étiquetés UK, il y a un pas En attendant, les organisateurs des Francos se défendent d’être le festival de Wallonie qui programme le plus d’artistes francophones.

Nouvelles technologies. Elles sont partout (jusque dans le public festivalier), non sans poser d’importantes questions de société. Que les chanteurs relaient dans leurs textes. "Non j’suis pas tout seul, il y a Google. Dans les villes-mondes, j’mad-ministre de l’intérieur" chante ainsi le groupe Eiffel sur son album à sortir en septembre - et qui a livré un excellent concert jeudi soir. On ne se lasse pas non plus de la chanson de Thomas Dutronc "On ne sait plus s’ennuyer" : "On vit maintenant tous en réseau/Comme des animaux dans un zoo/On est tout mou sans disque dur/On est tout nu dans la nature."

Platines. Elles font dorénavant partie du décor. L’espace "jardin" leur était entièrement dévolu avec des sets DJ. A 13 heures, même en les qualifiant d’"apéro-réveil", la grande foule ne s’y pressait pas. Par contre, annoncez Quentin Mossimann (certes à 21 heures) et voilà que ça déborde de partout.

Reprises. Touchantes ou étonnantes, elles marquent les esprits. Mercredi, Vincent Liben avait rendu un bel hommage à Leonard Cohen en chantant son "Partisan". Vendredi, dans sa (très efficace) prestation, Elvis Black Stars a glissé une version musclée de Kylie Minogue : "Two Hearts". Rachida Brakni s’y est aussi essayée dans une surprenante adaptation de "La chanson des vieux amants" de Brel.

Trop plein. Pour son magnifique projet acoustique avec Steve Nieve (pianiste d’Elvis Costello), Cali ne voulait pas de plein air. Puis, il aurait accepté, exigeant une "petite" scène. Au final, la scène intermédiaire du Village (4 000-5 000 personnes) aura contenté la moitié des personnes qui s’y pressaient. Un mauvais calcul.

The Voice. Ils sont partout. Que ce soit les jurés ou les lauréats. On a déjà évoqué Quentin Mossimann. Il y avait aussi les Joshua, sur la scène Pierre Rapsat, pour un set plus rock et plus cohérent que leur nouvel album, "The Outsiders". Si le télécrochet de la RTBF a redonné un petit coup de fouet à sa carrière, la blueswoman BJ Scott qui s’est produite au Village n’a de leçon à recevoir de personne. Le finaliste Renato est passé lui faire un petit coucou avant d’aller rejoindre Suarez, même si c’est Léonie qui a enregistré un duo avec le groupe belge.

Marie-Anne Georges et Sophie Lebrun

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