Musique / Festivals

Des 5 jours de festival, ce jeudi 18 juillet sera peut-être la journée la plus chaude. Ce sera en tout cas la plus rock de la programmation - gentiment rock, précisons quand même: les Francos, ce n’est pas le Graspop. Et la plus flamande aussi. Le même jour, et coup sur coup, Spa accueillait Ozark Henry - auréolé de son nouvel album "Stay Gold" - et Daan, deux étoiles du plat pays qui aiment venir briller en Wallonie.

C’est cependant un français pur parisien qui aura inauguré la soirée. Benjamin Biolay revenait en Belgique après son passage à l’Ancienne Belgique en avril et la sortie de son album "Vengeance", sorti en novembre de l’année dernière.

Le bonhomme est apparu tel qu’on pouvait se l’imaginer. Un peu mal à l’aise avec ses grands bras dont il ne sait pas toujours que faire, une démarche chaloupée sans direction apparente, il fonctionne au diesel. Les débuts de son concert sont hésitants. Comme s’il devait trouver ses marques. Sa musique, voguant quelque part entre Serge Gainsbourg et Christophe Miossec mais en version non alcoolisée, s’acclimate de toute évidence plus difficilement en plein air qu’en salle - même sur celle du Village francofou qui est quand même plus petite que celle de l’hôtel de ville.

Le chanteur-compositeur - il a écrit 8 titres du dernier Vanessa Paradis - a commencé précisément par "Vengeance", le morceau qui a donné le titre de son dernier album. Il a enchaîné sur "Profite", toujours extrait de cet album. Et déjà cette balade donne le ton mélancolique, parfois sombre de son répertoire ("oublie-moi avant qu’il ne soit trop tard/La vie est trop courte").

Mais Benjamin Biolay prendra de l’assurance au fil de ses morceaux - la plupart extraits de "Vengeance". Il terminera plus fort qu’il n’avait commencé.

Benjamin Biolay a beau chanter "Des couloirs infinis de glace et de marbre", la chaleur est toujours étouffante au moment où il prend congé du public. Il est près de 20 heures. Les Francofolies fait place à la scène flamande.

Alors que le soleil commence doucement à s’en aller, la scène Pierre Rapsat ouvre ses portes pour la première fois. Un duo de rock explosif l’inaugure. Mais sur la place de l’Hôtel de Ville, le public n’est vraisemblablement pas là pour eux. Le groupe s’appelle Black Box Revelation et vient tout droit de Dilbeek.

Décidément, la soirée au cœur de la Wallonie s’annonce assez flamande. Le public, peu nombreux en début de soirée, s’étoffe. Il est donc là pour applaudir le Courtraisien Ozark Henry. Son timbre de voix reconnaissable attire la foule qui grandit petit à petit. Pieds nus, le chanteur belge a le culot de débuter très calmement avec des duos aériens, accompagné de sa pianiste à la voix douce. Le public est calme lui aussi, mais s’envole au fil des solos bien orchestrés par les musiciens. Après trois chansons, le rythme s’accélère et Ozark Henry interagit enfin avec le public. Le chanteur apparaît toutefois comme une simple transition entre l’absence du public pour Black Box Revelation et l’effervescence autour de l’arrivée de Saez. Un autre Flamand très attendu offre un spectacle brûlant au Village Francofou.

Sur le parterre de cailloux devant lui, le public écoute attentivement le chanteur. Pas d’effervescence donc, comparé à l’énergie qui se dégage de la scène. L’artiste confirme ses dires de la conférence de presse : "La scène, c’est une de mes principales activités physiques." Avec des interprétations de titres de son dernier album "Le Franc belge", Daan montre qu’il sait user de la langue française en chanson. "C’est une jolie métaphore de la Belgique unie", commente une festivalière. Apogée du concert : Daan se met à crier sur "La Vraie décadence" pour finir la chanson allongé à terre. Le public lui est debout pour finir la soirée avec Puggy, Saez et Martin Solveig.V.R. et L.Ga. (st.)