Musique / Festivals

Dernier réveil à Liège ce dimanche matin, les deux yeux ouverts mais encore luisants. Un réveil certes ardent de nom mais point trop arrogant. Les trois premières journées de concerts et de déambulations se font sentir dans les articulations, doucement mais de plus en plus sûrement. Samedi, l'après-midi un peu morne était rattrapée de fort belle manière par notre découverte tardive du tandem-phénomène Juicy. Une paire de demoiselles que l'on éprouvait donc en live très agréablement surpris. Derrière leur trucs en poils, nous avions rendez-vous côté Parc avec un autre duo nommé Big Flo & Oli.

#QueDuPropre

© Elodie Ledure
Ou plutôt, «ils» avaient rendez-vous. «Ils», se sont les milliers de kids qui avaient provoqué par leur enthousiasme la fermeture rapide des guichets de la troisième journée. Ceux-là mêmes qui, pour rien au monde, n'auraient manqué la visite des frangins toulousains. Ceux qui, dès le premier tube dégaîné par la paire, donneront de la voix à s'en déchirer le grain. Au-delà de 25 ans, on ne fait plus vraiment partie du public-cible ici. Mais ce rap fraîchement conscient, ces rimes gentilles, une fois de plus aux Ardentes ont réuni, fédéré, souri... Et la chorale populaire n'eut de cesse d'hurler son plaisir de communier avec Big Flo & Oli (ci-contre).

Pour clore les débats, entre la plume d'Orelsan et le turban d'Omar Souleyman, se présentait un choix. Nous avions déjà testé et approuvé I Love Techno dans la kasbah avec le second, et manqué la prestation récente à Forest du premier. C'est donc en direction de la scène du Parc que l'on se dirigeait. Et ils étaient nombreux samedi contre elle à se presser. Avec son dernier pressé, "La Fête est finie", Aurélien Cotentin a traversé la membrane "grand public", et vu exploser sa cote de popularité. Mais le rappeur normand de 35 ans l'a fait sans se fourvoyer, sans compromettre ses envies, projets ou idées décalées.

Alors, oui, Orelsan est un grand sensible. Et, lorsqu'il pousse la chansonnette comme un minet, on se dit que notre tour est venu d'aller chercher notre tournée. Mais quand le Français sort ses lunettes à loupiottes et son avatar RealSan, loin de nous l'envie de filer vers le bar en dépit de la sécheresse des gosiers. C'est là que MC Contentin est le plus fort, là qu'il nous fait le plus de bien… Décalé à souhait, subtil sans se faire remarquer… Comme lorsqu'il fait danser toute la plaine sur un infâme beat bien gras en scandant "Eddy Mitchell" ou "Bernard Minet"… La délicieuse ironie, toujours, sans jamais avoir l'air d'y toucher.