Les Levants de Tiwanaku

Martine D. Mergeay Publié le - Mis à jour le

Musique / Festivals

Scientifique, plasticien, écrivain, Claude Ledoux (né en 1960) fut tout cela avant de devenir un compositeur aujourd’hui reconnu sur le plan international. Poète en son genre, il reste à la recherche de nouveaux chemins d’écoute, stimulé à la fois par son cheminement personnel à travers les différents mouvements de la musique dite contemporaine, par l’apport des technologies récentes et par les langages extra-européens (aux richesses sonores infinies, comparées au matériau de la musique classique occidentale ). Avec, pour résultat, une production luxuriante, où la rigueur de l’écriture n’empêche pas le libre recours à tout ce qui l’inspire en cours de route S’il fut le disciple de Boesmans, de Pousseur, de Tristan Murail, de Ligeti ou encore de Xenakis, il s’est aussi baladé dans l’Himalaya, au Rajasthan et au Japon, il s’est distingué dans plusieurs concours internationaux (dont le Prix de la Fondation Vicitella Ranieri de New York) et fut invité dans différents grands centres musicaux. Il était tout naturel que l’itinéraire de ce compositeur belge, comptant parmi les plus brillants de sa génération, aboutisse un jour au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles où il est en résidence depuis 2007. C’est dans ce cadre qu’il composa son troisième quatuor à cordes, "Las Lagrimas de un Angel", dédié au Quatuor Danel, ainsi que "Les Levants de Tiwanaku", œuvre pour orchestre qui sera donnée en création mondiale ce samedi par l’Orchestre national de Belgique, placé sous la direction du chef russe Nicolai Alexeev.

Il s’agit d’une pièce en deux mouvements - Misterioso et Rituel - renvoyant à un site des Andes connu pour ses vastes sites parsemées de vestiges, témoins d’un antique passé sacré où subsistent encore une "porte du soleil" finement gravée de personnages mystérieux, et les degrés menant vers un observatoire de ces mouvements cosmiques qui furent si importants dans la civilisation pré-inca. Quant aux pierres des murs et des fondations disparues, elles furent à l’évidence utilisées par les conquistadors pour ériger des bâtiments dans la ville voisine, remplaçant une histoire spirituelle propre au lieu par une autre, étrangère, et matérielle. "Les Levants de Tiwanaku" narre de manière métaphorique le déplacement de ces matériaux et leur adaptation à la contrainte occidentale (la suite au concert, ainsi que sur le site de Claude Ledoux : http://users.skynet.be/ledouxcl/).

Le même concert propose le 3e Concerto pour piano de Prokofiev, avec Boris Berezovsky en soliste, et Cinquième Symphonie de Tchaïkovski.

Martine D. Mergeay

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