Musique / Festivals

Nous étions au Pukkelpop ce samedi, voici ce que nous avons aimé et ce qui nous a ennuyé.

- Tamer Nafar

Voilà un début de journée qui semblait enfin tenir ses promesses. Outre le show enragé mais court (25 minutes) de Cocaïne Piss sur la scène Lift, l'ami Tamer Nafar était programmé au Dance Hall. Un choix risqué mais séduisant, puisque le rappeur palestinien - inconnu chez nous mais nettement plus médiatisé (et controversé) en Israel - propose un rap enragé sur des beats orientaux. Malheureusement, son flow n'est pas terrible, ses punchlines assez creuses, et même si le personnage est intéressant et sympathique, il ne propose pas grand chose artistiquement parlant. Un petit coup dans l'eau.

+ Shame

La grosse claque de la journée nous vient de la scène Lift, décidément inspirée après le passage des Black Lips vendredi soir et de Cocaïne Piss en ce début de journée. Sur le coup de 15h50, voilà que débarque Shame, cinq gamins mal léchés de Londres qui entrent crânement en scène avec l'intention manifeste d'en découdre. Vêtu d'un vieux T-Shirt de "Tintin au Tibet" et d'un pantalon bien moulant, Charle Steen joue à fond son rôle de frontman. Provocateur, poseur et extrêmement charismatique, il s'impose sur le devant de la scène, la mine renfrognée et le regard inquisiteur. Suivent, une cinquantaine de minutes de post-punk teigneux, mi-hurlé, mi-chanté porté par M. Steen, donc, mais aussi ses quatre comparses totalement déchaînés derrière. Du batteur qui cogne sur ses fûts comme un possédé, au bassiste qui se jette parterre, en passant par le guitariste lead qui enchaîne les riffs comme les cigarettes. L'assistance, elle, apprécie mais reste un rien médusée. Trop, sans doute, pour Charlie Steen qui décide de venir secouer son public dans la foule pour lancer lui-même un pogo. Shame n'a pas encore sorti le moindre disque, mais ces gars-là vont dynamiter les scènes du monde entier dans les années à venir.

- La Main Stage et les têtes d'affiche

Cette édition du Pukkelpop aura réservé quelques surprises et son lot d'artistes dansants sous la Boiler Room et le Dance Hall. Mais on ne peut s'empêcher de trouver l'offre musicale bien creuse, en raison - essentiellement - de l'absence totale de tête d'affiche digne de ce nom à l'exception de The XX. Flume, Mumford and Sons, London Grammar, Parov Stelar ou Bastille n'ont pas la notoriété nécessaire pour faire venir des milliers de spectateurs. A de rares exceptions près, la Mainstage est donc restée peu fréquentée tout au long du festival et c'est justifié. Même si le Pukkelpop a rencontré un succès public dans l'ensemble, il devra faire mieux lors des prochaines éditions pour sauver sa réputation de festival "alternatif" et ne pas se transformer en simple machine à danser.