Musique / Festivals Nous étions en direct de Werchter ce vendredi après-midi. Retour sur ce qu'on a vraiment aimé et sur ce qui nous a franchement lassé.

+ Tamino, Warhaus et tous les autres

Les artistes flamands se portent bien, dank u pour eux. Werchter a toujours mis en avant la production locale, mais ce vendredi après-midi, c'est un véritable raz-de-marée qui a déferlé sur le festival. Dès 13h30, Tamino a ouvert la voie sous un chapiteau inhabituellement rempli pour cette heure de la journée. Après une demi-heure, il a cédé sa place à ses petits camarades de Warhaus, qui évoluent dans un univers similaire: compositions épurées, textes désillusionnés et interprétation magnétique. Pas certain que cela réveille la foule venue pour l'occasion, mais musicalement l'ensemble est subtil et stimulant. De bon augure avant les shows de Bazart et Oscar and the Wolf, relativement connus en francophonie, mais superstars au nord du pays.

+ Future Islands

Sans aucun doute LE concert de ce vendredi après-midi. Le speaker de Werchter annonce une "bête de scène", et pour une fois, il n'exagère pas. Chemise violette bien enfoncée dans son petit pantalon moulant, Samuel T Herring déboule sur le podium comme un boulet de canon, harangue la foule, et "vit" littéralement chacun des morceaux interprétés par le groupe originaire de Baltimore (Etats-Unis). Le public, qui n'avait pas encore réellement l'occasion de danser depuis le début de la journée, s'en donne à coeur joie et secoue du fessier. Aussi improbable que cela puisse paraître, Future Islands a su remettre au goût du jour la disco-pop chère aux années 80 en la dynamitant à coups de batterie. Sur scène, c'est aussi et surtout une redoutable machine à faire bouger un festivalier.

+ Royal Blood


Soyons honnêtes, nous n'avons pas été submergés par l'émotion à l'écoute du deuxième album du duo, qui semble avoir adouci le ton pour évoluer vers des sonorités plus "pop-rock", avec refrains, coeurs et tout le toutim. En live, en revanche, les deux copains font le travail. Mike Kerr est irréprochable à la basse et parvient à conserver toute sa puissance malgré ce second album décevant. On ne nous ôtera pas l'idée qu'ils ont spécifiquement calibré leurs nouvelles compositions pour les stades, mais manifestement, ça fonctionne.

© JC Guillaume


- Nathaniel Rateliff and the Night Sweats

Impossible, depuis quelques années et le succès du label Daptone, de ne pas retrouver en festival au moins un artiste "vintage". Dans le meilleur des cas, un valeureux représentant d'une époque révolue (Sharon Jones, Charles Bradley...), dans le pire, un honnête faiseur comme ce bon Nathaniel Rateliff. Le bonhomme a une belle histoire. Ancien camionneur, il auraît été contraint de changer de boulot pour raison médicale et se serait mis à la musique. Voilà qui le rend sympathique, mais pas vraiment transcendant musicalement. Entouré d'excellents musiciens (mention spéciale au claviériste), il nous livre une sorte de country/soul sympathique mais relativement quelconque, et il faut attendre qu'il rende hommage à Chuck Berry pour entendre un tant soit peu le son de sa guitare, trop souvent noyée sous un déluge de cuivres.

+ - Slowdive

Programmés en toute dernière minute suite à l'annulation des Islandais de Kaleo, Slowdive est une légende au Royaume-Uni où le groupe est l'un des plus célèbres portes-drapeau du Shoegaze. Un rock alternatif saturé de guitares, dont les compositions commencent généralement en douceur avant de progressivement évoluer vers un mur du son. Malheureusement, le public n'est pas encore bien réveillé. Le groupe se demande un peu ce qu'il fait sur la main stage, et aurait gagné à jouer en fin de journée... sous un chapiteau.

Tout cela n'est toutefois qu'un apéritif, avant l'entrée (James Blake) et l'énorme plat de résistance (Radiohead).