Musique / Festivals

Nous l’avons vu grandir , courir, sauter et parfois trébucher depuis 2002 et son debut-album – l'uber-frais "Alright, Still" (2006) – bardé des irrésistibles tubes "Smile" et "LDN", qui aujourd'hui n'ont d'ailleurs pas pris la moindre ride. Puis, vécu dans les tabloïds et au fil de ses sorties dans la presse ou sur les réseaux, les peines de cœur de la fée pop britannique (avec son Chemical Brother), ses soucis de santé (deux fausses couches, un choc post-traumatique, dépression, bipolarité), sa solitude, ses grands écarts, son récent divorce d'avec le sieur Sam Cooper, ses addictions…

Mais si Lily Allen a bien souvent eu le tempérament et les comportements nocturnes d'un rockeur anglais, la brunette a également le talent musical de sa nationalité. Et un sens de la pop inné qui ne l'a jamais quitté. Nous l’avions quittée il y a quatre ans déjà sur un "Sheezus" moderne et plutôt sympathique mais un rien dispersé. Ce quatrième album bien nommé nous fait quant à lui encore meilleur effet. 



Un disque épidermique et apaisé, exception faite des premières et dernières pistes au ton électro-pop (dont ce "What You Waiting For?" que ne renierait pas Riri) et des deux morceaux où débarquent des invités hip hop ("Trigger Bang" avec l'excellent MC Giggs, "Waste" en tandem avec Lady Chann). On retrouve ci et là la Lily MTV, comme c'est le cas au fil du single et du clip-vidéo "Lost My Mind". Quelques touches de reggae aussi ("Your Choice" en compagnie de Burna Boy), un genre que la demoiselle a toujours affectionné. Mais, dans l'intervalle, le corps de "No Shame" est constitué d’un tunnel de ballades en douceur, tantôt pianotées ou tantôt grattées, dont nous citerons s'il ne fallait en retenir qu'une ce "Apples" assez sublime. Lily a toujours les cheveux roses mais Lily a grandi. Et, comme ça, on l’aime aussi.

1CD (Warner/Parlophone). En concert au Festival de Ronquières.