Musique / Festivals Cet été, la Néo-Zélandaise publiait son 2e album à vingt ans. Elle se produira à la Lotto Arena ce vendredi 6 octobre.

Ella Yelich-O’Connor est Néo-zélandaise, de racines croates et irlandaises, elle a 20 ans, et déjà une page Wikipedia polyglotte longue comme un bras. C’est sous le nom de Lorde que cette épatante jeune femme s’est fait connaître, féminisation du mot "lord" qui soudain s’est imposée à celle qui depuis toujours se passionne pour les histoires de sang bleu et d’aristocratie. Puis, il y a un petit féminisme latent derrière cet avatar, qu’importe le nombre des années. "Les premières pensées féministes m’ont effleuré l’esprit quand j’avais 15 ans. Et c’est improbable pour une gamine du fin fond de la Nouvelle-Zélande… Mais le féminisme s’est tellement répandu ces dernières années, et sa compréhension a évolué, ce dont on ne peut que se réjouir […]"


Baignée dans le jazz, mais aujourd’hui presque icône pop s’acoquinant volontiers avec la scène électro (avec le duo Disclosure jadis, avec Flume aujourd’hui) et se disant friande de la chose hip hop (fan du rappeur J.Cole), la demoiselle venait à peine d’obtenir sa carte d’identité lorsqu’elle fut repérée, du haut de ses 12 ans. Le genre de trajectoire qui peut zapper l’adolescence parfois. "J’ai été à l’école jusqu’à presque 17 ans, et j’ai l’impression d’avoir eu malgré tout une enfance assez normale. Quand j’étais ado, c’est vrai, je restais en studio très tard la nuit, pour ne pas manquer les cours la journée. Les choses se sont accélérées après, et là, on peut considérer que je suis à l’université…"

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Voie royale

Dix-sept ans, c’est l’âge que Lorde a au moment de publier son premier album, "Pure Heroine", porté par le succès tous azimuts du single "Royals", qui soudain la révèle aux oreilles du monde entier. Un tube qui fait d’elle la N°1 nationale, lui vaut des éloges à l’international et même un Brit Awards avant sa majorité. Le genre de succès qui propulse tellement qu’il peut rendre la suite compliquée. "Je n’ai toujours pas compris ce qui s’est passé avec ce morceau.’Royals’est une licorne en fait. Jamais je n’avais imaginé tout ça. Et j’avais peur, en effet, que cela la seule chose que je laisserai derrière moi. Mais j’ai poursuivi, continué à faire les choses comme je les ai toujours faites, et le public semble l’avoir compris…"


Ce qui est sûr, c’est que ce public est resté. Une semaine après la sortie de "Melodrama", dame Lorde occupait la première place des charts en Nouvelle-Zélande, en Australie, au Canada et aux Etats-Unis, où s’écoulaient 100000 copies physiques en quelques jours. Un deuxième album écrit aux lendemains d’une séparation avec son premier amour le photographe James Lowe, dont les chansons ressortent forcément imprégnées. Pour autant, "ce n’est pas un disque de rupture , précise l’intéressée, mais plutôt de faux départs, de détours infructueux et de temps perdu […] Un disque qui parle de solitude et des moyens de l’apprivoiser", récent défi pour elle qui vient de quitter le cocon familial. Le titre "Green Light" traite de cela. "Je conseillerai fortement de faire de longues promenades en forêt, d’adopter un cochon de compagnie aussi si ce n’est déjà fait… Non, il n’y a pas d’astuce pour passer à travers la solitude. Si ce n’est d’être curieux de la vie et des gens. Tu n’es pas bien, pas bien, pas bien, pas bien… jusqu’à ce que tu sois bien à nouveau […] Le mystère de tout ça est à la fois terrible et excitant."

En concert à Anvers (Lotto Arena) ce vendredi 6/10

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