Mahalia "la Tendre"

Nicolas Capart Publié le - Mis à jour le

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Musique / Festivals

Si elle est née et a grandi à Syston, patelin perdu du district de Charnwood dans le Leicestershire, c'est depuis la cité de Birmingham que désormais brille la jeune fille. Chanteuse des Midlands, à l'instar de sa copine-star Jorja Smith dont elle semble faite du même bois, Mahalia – de son vrai prénom – Burkmar – de son nom – écrit et chante depuis aussi longtemps qu'elle s'en souvienne. Celle qui fêtait il y a peu ses vingt printemps signait en tout cas "Diary of Me" en 2016, premier album tissé d'un R'n'B classieux et naturel, dont elle prépare plus que probablement le successeur… Celui qui devrait la révéler Outre-Manche. A moins que son passage à Couleur Café ce vendredi ne suffise à répandre cette fort jolie rumeur. Rencontre

Quel genre d'enfant étais-tu? Avec quels rêves?

J'ai toujours été à fond dans la musique déjà enfant. Ma famille était très branchée musique, mon père jouait sans cesse de la guitare… Il y avait toujours un disque qui tournait à la maison, de la soul au rap en passant par l'indie pop. Mon tempérament me poussait à vouloir être la meilleure quoi que je fasse, que ce soit en danse, en chant, en cours... J'étais nulle en chimie, en physique et en biologie, mais je rêvais néanmoins de devenir une scientifique, car apprendre sur ces matières me passionnait. Ça a fini par passer... Par contre, si je n'avais pas entamé une carrière d'artiste, j'aurais adoré travailler avec des enfants. Jusqu’à leur sept ans, quelque chose par là, car j'adore la simplicité de leur manière de réfléchir à cet âge-là, leur pureté, leur envie et leur capacité d'apprendre.

Mahalia est ton vrai prénom et ton nom est Burkmar. Quelle en est l'origine?

On ne connait qu'approximativement les origines de notre famille… Mon père a des racines irlandaises mais a vu le jour en Angleterre. Il est donc Britannique, tout comme ma mère qui, elle, est née de parents jamaicains. Quand au prénom 'Mahalia', il vient de l'arabe et signifie 'tendresse'.

Au casting de ''Diary of Me'', d'autres Burkmar sont crédités. Entreprise familiale donc?

Il y a en effet un de mes deux aînés Zane. Il a écrit une de mes chansons intitulée 'Never Change'. Puis, il y a Debbion et James, mes parents. Ce sont tous deux d'incroyables songwriters et ils m'ont beaucoup aidés. Ils étaient toujours là pour répondre à mes interrogations, me conseiller, me donner des idées… Cela s'est fait naturellement et j'avais très envie de les citer dans ce premier album. J'ai aussi un petit frère, mon chouchou, Jude. Je suis donc la troisième, et la seule fille, ce qui n'a pas toujours été évident… Les grands frères ont parfois tendance à être un peu trop protecteurs. Ils me voient toujours comme une gamine de 14 ans.

Ta première chanson, tu l'as écrite à l'âge de 8 ans. Cela parlait de quoi?

Je ne sais même plus vraiment de quoi il s'agissait… Cela devait ressembler à une petite fille de 8 ans essayant de chanter comme si elle était une grande de 14 ans, tentant de me la jouer mature (sourire). Je ne la chante plus, mais mes frères, eux, s'en donnent à coeur joie bien souvent pour se moquer de moi.

Un contrat avec un label décroché à 13 ans… Mais un disque qui mettra quelques années à paraître pourtant.

Je n'ai pas attendu aussi longtemps volontairement. C'est vrai, je faisais de la musique depuis un bail, mais j'étais toujours à l'école. Ce n'est que lorsque j'ai terminé mon cursus et atteint la majorité que je me suis sentie prête et vraiment partie de l'industrie musicale. Il y eut des moments de doutes bien sûr, où je me disais que ça n'arriverait jamais. Cela a pris le temps qu'il fallait, mais c'est arrivé. Aujourd'hui, je suis contente de ne pas m'être précipitée.

Tu as grandi dans les Midlands, tout comme ta talentueuse collègue et amie Jorja Smith. C'est à se demander ce qu'on sert aux enfants à la cantine dans la région...

Que des bons produits! (Elle rit) Je viens d'un petit village des Midlands nommé Syston, dans le comté de Leicestershire. C'est très différent de ce qui se passe à Londres, la vie et les mentalités ne sont pas les mêmes. A la campagne, il ne se passe rien ou presque. Pour des nanas comme moi ou Jorja, il a donc fallu aller chercher, s'inventer une vie, se crééer une personnalité, trouver son propre chemin. Du coup, les gens qui grandissent loin des grandes villes comme nous ont une volonté de fer, car ils ne cessent de chercher cette inspiration et tentent de cultiver leur différence en permanence. Et comme personne ne l'a fait avant toi, il faut paver ton propre chemin…

Un chemin qui t'a même fait passer par le cinéma, puisque tu as joué dans le film ''Brotherhood''…

C'était une catastrophe! Après coup, ce fut une bonne expérience, mais ce fut vraiment horrible sur le moment. J'étais stressée et terrorisée en permanence… J'aimerai réitérer l'expérience un jour, mais pas tout de suite... Et mieux préparée alors la prochaine fois.

Que penserait la petite fille de Syston de la chanteuse que tu es devenue aujourd'hui?

Elle dirait : bien joué meuf, je suis tellement fière de toi/moi !


Nicolas Capart

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