Musique / Festivals Un portrait de Dominique Simonet.

Stoppée net en plein élan. "Aujourd’hui, je remets officiellement les pieds sur une scène après plus de deux ans d’absence. Je ne vous dirai pas dans quel état je suis… Vous devez vous en douter" , écrivait Maurane, sur les réseaux sociaux, il y a quatre jours. Emballée comme elle pouvait l’être, elle traçait des lignes d’avenir sous forme d’album, de tournée pour l’an prochain.

Tout ça n’aura pas lieu, sauf peut-être le disque, pour autant que les quatorze maquettes déjà enregistrées soient utilisables. Née le 12 novembre 1960 à Ixelles, Maurane s’en est allée sans crier gare dans la nuit du 7 mai 2018, à 57 ans, à son domicile schaerbeekois. La mort en pleine renaissance : "Je suis un peu choqué quand même, dit le saxophoniste Steve Houben, aussi virtuose de l’euphémisme. Des musiciens l’ont vue toute joyeuse à la fête de l’Iris, avant qu’elle rentre chez elle. Rien ne laissait entendre quoi que ce soit."

C’est la stupéfaction et, pour beaucoup, la tristesse qu’expriment les témoignages suivant cette disparition inopinée, messages qui valent moins par leur nombre que par leur ampleur et leur profondeur, leur simplicité aussi. Ces mots d’un public qui était très attaché à la chanteuse, et réciproquement, ces mots lui ressemblent : jamais le succès n’a estompé sa simplicité.

(...)