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Le parrain du rap français reprend du service après dix ans d'absence. Un retour marqué par la sortie de "Géopoétique", 8e album de Solaar. Rencontre avec un vétéran aux rimes anachroniques, sur une planète hip hop qui n'est plus la sienne.

Il est l’un des pères fondateurs du rap hexagonal. Dans bien des têtes de trentenaires et des poussières résonnent les tubes que Claude M’Barali a disséminés sur les ondes depuis la fin des années 1980. Solaar, c’est la beauté du verbe et le plaisir des rimes. C’est "Bouge de là", "Victime de la mode" et "Caroline", "Nouveau Western", "Les temps changent" ou la sublime "Concubine de l’hémoglobine". Vingt ans de carrière interrompus en 2007. Une décennie plus tard, le plus célèbre des MC français opère son grand retour sur une planète rap dont les codes ont bien changé.

Dix années de silence depuis votre dernier disque, "Mac 7". Qu’avez-vous fait dans l’intervalle ?

C’est simple, j’ai eu un fils, qui a 13 ans aujourd’hui. Et je voulais le voir un peu… J’ai trop souvent lu, dans des interviews d’artistes, que beaucoup avaient le regret de ne pas avoir passé assez de temps avec leurs enfants. Qu’après, c’était trop tard, irrattrapable… Je voulais éviter ça. J’allais prendre trois ans. J’étais bien, j’ai continué.

La place de l’instrumentation a grandi au détriment de l’importance du texte dans le hip hop contemporain. La production est cruciale. A qui avez-vous confié celle de ce nouvel album ?

Pour ce disque, j’ai à nouveau confié la production au duo de beatmakers Black Rose Corporation (Eric K-Roz et Hassan Soumahoro). Notre première rencontre date de 2000, je pense… Ce sont eux qui font la musique que tout le monde utilise dans le monde, de David Guetta à Drake en passant par The Weeknd. Les leaders français et pourvoyeurs mondiaux en matière de création de sons. Je ne leur ai pas demandé de faire pour moi ce qu’ils font pour les gars d’Atlanta ou de Chicago, mais je leur ai laissé carte blanche.

Actuellement, le terrain rap est occupé par la trap (héritée des USA et caractérisée par des paroles souvent crues). Style dont vous dénoncez les travers dans "L’Attrape-nigaud".

La trap a changé...