Musique / Festivals

À côté des rappeurs et des DJ’s, qui trustent la majeure partie du paysage musical belge actuel, il y a une dame. Une artiste discrète, presque effacée qui donne pourtant au jazz, au chant et à la Belgique une visibilité extraordinaire auprès du grand public et de la critique. Depuis son entrée en scène, il y a dix ans, Melanie De Biasio est devenue une référence internationale. Une chanteuse au-dessus des genres, des modes et des tendances dont “Lilies” – le quatrième album – est unanimement salué et dont la tournée européenne est sur le point de se clôturer avec trois dates complètes à l’AB.

Un chat qui vous toise

Lorsque nous la rencontrons à Bruxelles, Melanie est intimidante. Elle a l’allure féline de ces personnes qui vous observent, vous analysent et vous toisent avant d’accepter de se livrer. “Le début de l’interview n’était pas facile pour moi non plus” avoue-t-elle “J’avais besoin de trouver mes repères”. En d’autres termes, fixer un cadre clair dans lequel elle se retrouve avant de laisser ses idées s’exprimer librement. Ce qui correspond exactement à la façon dont elle compose et joue de la musique. “J’ai pour habitude de ne pas décider à l’avance quelle va être la setlist du soir” explique la native de Charleroi qui devrait bientôt vivre et accueillir d'autres artistes dans l'ancien consulat d'Italie. “Partout où je vais, je définis des points de repère au niveau du cadre, du son. Et une fois que c’est en place, on joue, tout simplement. Ma musique se crée sur l’instant.

En studio, c’est le même processus. La chanteuse s’autorise maximum trois prises, garde souvent la première et l’album “Blackened Cities” publié en 2016 propose... un seul morceau de 24 minutes. Un long trip musical aussi audacieux qu’aérien, improvisé avec ses musiciens et dédié aux anciennes villes minières telles que Charleroi ou Manchester.