Musique / Festivals

La plupart des mortels non-américains ne connaissent pas Miguel (Jontel Pimentel). Pour les Européens, il est au mieux une starlette hip hop US de plus, au pire un parfait inconnu au bataillon, mais rares sont ceux sous nos latitudes à avoir entendu son nom. Ni en court ni en long. Du haut de ses 32 ans, ce chanteur californien – ayant poussé dans les rues de San Pedro à Los Angeles mais de sang-mêlés africain (par sa mère) et mexicain (côté paternel) – est pourtant une star chez l'Oncle Sam.


Après des débuts lents et assez confidentiels, la rumeur du talent du jeune homme traversa poussivement l'Atlantique, grâce au titre "Adorn" sur son deuxième album "Kaleidoscope Dream". Un disque qui lui valut un trophée au Grammy Awards en 2013, et une tournée européenne passée par les Ardentes où il joua devant une audience clairsemée aux moues dubitatives (et c'est un doux euphémisme). Voici venu le quatrième, précis, cohérent, groovy et entêtant...


C'est Miguel lui-même qui en assure en grande partie de la production, épaulé par quelques connaissances qui claquent comme Salaam Remi (jadis complice d'Amy Winehouse), David Andrew Sitek (TV on the Radio) ou encore le chanteur Raphael Saadiq. C'est sans doute la raison pour laquelle "War & Leisure" offre un profil aussi électrique, de cet intro aux accents rock ("Criminal") à ce "Wolf" digne d'une B.O. de James Bond en passant par des couleurs funk, soul, rap et bien sûr r'n'b, toujours sensuel et langoureux à souhait.


Au micro aussi, la liste des invités a été dressée avec soin. On croise d'abord le Travis Scott au fil du single "Sky Walker", mais aussi le bibendum du rap US Rick Ross en plage 1, la sublime princesse r'n'b colombienne Kali Uchis (qui devait nous rendre visite en Belgique en décembre dernier mais avait annulé…) ou encore le emcee prodige J. Cole. Une excellente plaque donc, qui ne suffira néanmoins sans doute pas populariser le monsieur sur le Vieux Continent.



© D.R.
> 1CD (RCA/Sony Music).