Mochélan, doucement mais sûrement

Nicolas Capart Publié le - Mis à jour le

Musique / Festivals

C’est au début de l’hiver 2011, il y a un an tout juste, que nous avions pour la première fois croisé le chemin de Simon Delecosse dans son curieux costume de Mochélan. "C’est parti d’une blague et d’une punchline qui disait : "Mochélan avant de sauter, vers le reste d’une vie à se relever". Une manière de dire qu’un Mochélan aussi pouvait y arriver, et un triple jeu de mots faisant allusion à la fois à l’animal (un élan), au pas en arrière avant de se lancer (l’élan) et au rythme tranquille (moche et lent)". Époustouflant sur la scène de la Maison des Musiques en demi, puis sur les planches de la Rotonde lors de la joute finale, ce gaillard d’une trentaine d’années passionné de cinéma avait dominé de la tête et des épaules une compétition dont il était de loin le plus grand interprète, au propre comme au figuré.

"En 1997, j’ai été percuté de plein fouet par L’École du Micro d’Argent . J’ai commencé à rédiger des textes, casquette vissée sur le crâne jusqu’en 2006 ! Là, j’ai rejoint mon ami Julien (membre du collectif Poumon Noir) en Bolivie où nous avons réalisé notre premier film, Vain temps en Bolivie (primé par la Fondation Roi Baudouin, NdlR.). À la même époque, je rencontre MaxLanders qui m’initie à un autre monde musical (le label Anticon, la musique de Madlib) mais aussi visuel grâce à la découverte du cinéma asiatique. Et mon écriture change " Mais malgré l’envie XXL, les choses n’avancent pas très vite. "En 2007, j’écumais les slam sessions mais ne trouvais pas ma place au sein de la scène rap à Charleroi. Nié par les acteurs culturels, j’ai donc quitté cette ville que j’aime énormément. C’est Lezarts Urbains qui me relancera alors que j’allais tout laisser tomber. L’envie revint, et avec elle le prix du jury Envol des Cités en 2010, avec un groupe formé au fil du concours. Depuis, Alix, Damien, Rémi et Julien m’accompagnent sur les planches."

Un emcee ovni venu du Pays noir clopin-clopant avec sa dégaine de géant touchant, ses petites histoires, sa voix grave de conteur, ses rimes distinctes et son phrasé caractéristique. Autant d’ingrédients auxquels nous goûtions au fil de "Mon Corps t’exprime", premier manifeste alors décliné sur deux modes, une thèse acoustique et son antithèse électronique. "Sa réalisation fut laborieuse ; j’en suis d’autant plus fier que chaque moitié a été composée par mes deux meilleurs amis. Pour moi, faire des choses qu’on aime avec des gens qu’on aime est tout ce qui importe. C’est d’ailleurs ma femme - graphiste - qui a réalisé les illustrations de l’album et certains de mes clips, dont le dernier, Le Plus Barge". Désormais, les deux faces du projet ont été dissociées et c’est en mode instrumenté que Mochélan se décline en live, laissant sa collaboration plus abstract hip hop avec MaxLanders s’exprimer au sein d’un projet parallèle, HALs.

L’année qui vient de s’écouler fut "vraiment énorme", remplie de travail, de voyages et de rencontres pour Simon. Aujourd’hui, celui qui cite dans le désordre comme modèles Akhenaton, Jacques Brel, Henri Dès, les métalleux américains Mastodon, le Japonais Joe Hisaishi (chef d’orchestre, pianiste et parolier) ou encore son confrère rappeur francilien Donkishot, revient tâter des planches à Bruxelles et en Wallonie, avant de regagner les studios pour accoucher d’un petit deuxième fin 2013. D’ici-là, un maxi de quatre titres sera dévoilé à la Samaritaine début janvier. Et Mochélan et son troupeau offriront pour la dernière fois le show avec lequel ils tournent depuis un an au 210 samedi.

Nicolas Capart

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