Nuits bleues à Gand

D.S. Publié le - Mis à jour le

Musique / Festivals

Une première grande étape est franchie par le Blue Note Festival, dont la cinquième édition a lieu du 13 au 23 juillet à Gand: arrivé à ce stade, on peut franchement parler de maturité, de stabilité et de pérennité.

Les principes de base se sont révélés excellents, pas de raisons d'en changer. Quelques détails diffèrent, comme le nom de l'événement, devenu Blue Note Records Festival. Sa durée aussi: onze soirs de musique, sans solution de continuité entre la partie strictement jazz, la première, et les musiques apparentées ou de fusion, seconde moitié du festival.

Pour le reste, l'accueil du public dans ce lieu magnifique et tranquille qu'est le Bijloke, la qualité de l'écoute, de la nourriture et de la Maredsous brune à la pression, tout cela figure parmi les priorités des organisateurs et fait le renom du Blue Note.

L'affiche elle-même - car, contrairement à trop d'événements du genre, la musique est primordiale ici - l'affiche donc, se profile suivant quatre axes: le jazz mainstream, l'avant-garde, les musiques chaudes du Sud et les chanteurs roots, soul, funk, etc.

Le mainstream est incarné cette année par la radieuse Dianne Reeves en ouverture, et par notre harmoniciste d'élite, Toots Thielemans, en compagnie de la chanteuse néerlandaise Trijntje Oosterhuis, sacré Toots! Avant lui, le pianiste Michel Herr présente un nonet à forme d'all stars du jazz d'ici. Auteur d'un des meilleurs disques en trio du moment, le pianiste Eric Legnini, hutois d'origine italienne basé à Paris, apporte la jubilation de son swing avec le bassiste italien Rosario Bonaccorso et le batteur français Frank Agulhon.

On aime le jazz qui écorche un peu plus les pavillons d'oreille, qui explore un peu plus profondément les recoins de l'âme humaine? Il y a matière à. Le saxophoniste Wayne Shorter est à la tête d'un quartet d'élite. Saxophoniste lui aussi, John Zorn revient explorer ses racines juives avec Masada mais en modèle acoustique, et avec le trompettiste Dave Douglas. Saxophonistes encore, David Murray et Charles Lloyd explorent des univers parallèles, le premier aux Antilles avec le gwo-ka, le second en Inde, avec le percussionniste Zakir Hussain. A noter l'absence du pianiste Andrew Hill, qui a dû annuler sa tournée parce que le cancer dont il souffre nécessite des soins appropriés.

DIVERSITÉ AU RENDEZ-VOUS

Et puis tout ce qui tourne autour du jazz. Une soirée lusophone, par exemple, propose les Brésiliens Tania Maria et Ed Motta, ainsi que les Portugais Mariza et Madredeus. Une autre propose deux des artistes parmi les plus truculents issus de La Nouvelle- Orléans, le sorcier Dr John et le cinglant chanteur et pianiste Randy Newman, un vrai must. Les musiques latino sont votre lot? L'excellent pianiste cubain Chucho Valdes, fondateur du groupe Irakere, la chanteuse cap-verdienne Cesaria Evora, l'Espagnole Amparanoia qui vient de mettre le feu à Couleur café, les Cubains d'Orishas et Los Van Van, tout cela risque d'être chaud, très chaud.Côté funky, le rhythm'n' blues enflammé du saxophoniste Maceo Parker fait toujours des heureux, tout comme le post acid jazz d'Us3 ou du guitariste Ronny Jordan en trio. Ce ne sont que des exemples bien sûr. Le programme complet est donné ci-dessous, et il y a largement matière à festoyer musicalement pendant onze jours et onze nuits.

a retrouvé le goût des limites repoussées.

© La Libre Belgique 2006

D.S.

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