Les Nuits Bota

Article initialement paru le 23 octobre 2014. Romano Nervosa sera à l'Orangerie ce lundi 11 mai

Cette semaine, l’avatar grimé de Giacomo Panarisi (ex-Hulk, Les Anges) sabrait la grappa au Bota pour la sortie de "Born to Boogie". Un deuxième album excellent, qui permettra peut-être enfin au groupe louviérois de crever l’écran. Toujours autant dans son élément sur les planches, le rockeur à paillettes y a livré une prestation explosive. Electrisant sur "The Story", "In the Name of the Lord", les toujours efficaces "Mangia Spaguetti" et "Party Time", ou le futur tube "Straight Out of Wallifornia" pour lequel il conviait sur scène le Liégeois Mon Colonel (Partyharders). Fort de son blues dégoulinant sur "Psicotico Blues" ou l’implacable "Pussycat". Avant de revenir pour les fêtes avec une chanson de Noël en tandem avec B.J. Scott (!), le leader effervescent de Romano Nervoso nous confiait ses pensées épicées sur quelques sujets.

L’Italie, qu’on retrouve partout en substance dans ce nouvel album.

"Mes parents sont originaires de Sicile, ils ont immigré du côté de La Louvière à la fin des années 60. C’est sans doute mieux, car si j’avais grandi là-bas j’aurais probablement fini mafieux, drogué ou au chômage. J’étais encore italien jusqu’il y a cinq ans. Je me suis fait naturaliser belge pour des raisons administratives liées au service militaire obligatoire en Italie. Pour gagner du temps. Cela m’a fait un peu mal j’avoue, mais, malgré le papier, je me sens et je reste italien. C’est très important pour moi car j’ai grandi dans cette culture à la maison. Musicalement aussi, entre Adriano Celentano, Pino Daniele, Paolo Conte… Pas trop de variété ou de musique populaire, mon père était davantage branché sur les "cantautore", des songwriters donc, comme Fabrizio De André ou même Richard Cocciante… Mon premier concert, ce fut Litfiba, à Liège, j’avais 9 ans… La musique italienne m’a lancé. Puis, j’ai découvert AC/DC !"

Daniel Bevilacqua alias Christophe, autre grand Italien dont vous reprenez le célèbre "Aline".

"J’écoute de la musique depuis que je suis tout petit et mes deux morceaux phares sont - et ont toujours été - "Svalutation" de Celentano, le plus grand morceau rock de tous les temps [joué pour la première fois en rappel mercredi soir, NdlR] et "Aline". Ce titre de Christophe, c’est un blues finalement, qui parle d’une femme, d’amour, de malheur… Même si je n’ai jamais tout compris aux paroles. Une fois, pour déconner, j’ai pris la gratte et je me suis mis à la chanter en italien. Ça sonnait pas trop mal. J’imaginais des chœurs dessus, des grattes hispaniques distortionnées… On l’a joué en concert, devant un parterre de métalleux qui nous ont d’abord regardés de travers, mais qui ont fini par se dandiner. Je me suis dit que si ça marchait sur eux, cela pouvait fonctionner. Donc on l’a enregistré. Ce morceau retrace toute mon existence, il a toujours été là… C’est donc un vrai hommage. Ce serait bien d’avoir un retour de Christophe sur cette reprise. Si possible, pas via ses avocats [rires]."

Le glam-rock, T.Rex et Marc Bolan, auxquels vous adressez un clin d’œil avec "Born to Boogie".

"Aujourd’hui, les groupes font trop attention au look, avec la mèche collée sur le front, les chaussures pointues, les pantalons serrés… Ils préfèrent être beaux gosses plutôt qu’extravagants. Mais, à l’époque, ceux qui plaisaient le plus aux nanas, c’étaient les glameux. J’avais vu ce film de Marc Bolan et Ringo Star, et je me retrouvais parfaitement dans ce titre "Born to Boogie". Après tout, si je suis sur terre, ce n’est pas pour travailler dans une banque mais pour faire de la musique… En plus, j’ai retrouvé le line-up originel du groupe et j’ai le sentiment que ce disque marque vraiment la naissance de Romano Nervoso. Le spaghetti-rock, c’est maintenant."