Musique / Festivals

C'est un événement quelque peu mystérieux qui aura lieu à l'Ancienne Belgique ce lundi soir. Mystérieux et engagé. Sous le couvert de l'anonymat, une poignées d'amis issus de différents centres culturels ou théâtres de notes du plat pays ont décidé de s'associer et de conjuguer leurs forces et réseaux pour dénoncer les disparitions successives des salles de concerts alternatives de la capitale durant l'année écoulée, des déboires du VK et du Magasin4 aux fermetures arbitraires du DNA ou du Recyclart. Un constat amer qui suscite les craintes du public et de ces acteurs culturels qui assistent de près à cette érosion, d'autant plus incompréhensive face au soutien public dont bénéficient les''grandes salles'' comme l'AB.

Ce lundi, l'antre du Boulevard Anspach sera donc squattée par ces oubliés de la planète musicale underground le temps d'un grand concert entièrement gratuit intitulé ''Underground Occupy Mainstream''. Histoire de réveiller les consciences et d'empêcher Bruxelles de devenir une morne plaine culturelle où la créativité étouffe et où la subversion se retrouve bâillonnée. Une occupation toute relative, puisque l'Ancienne Belgique a visiblement eu la bonne idée de jouer le jeu en laissant ses murs et ses planches libres d'accès pour la conduite de cet ambitieux projet.

Rendez-vous est donc pris dès 17h ce lundi après-midi pour une longue soirée de concerts et de DJ sets (couvre-feu à 1h) où vous pourrez entre autres croiser le crew rap flamand Stikstof, son gourou en slashes Zwangere Guy, Sagat, Hantrax, Alex Deforce, L'arrosoir ou encore La Plus Grande Kermesse du monde, entre autres joyeusetés. Si l'entrée est libre, les dons éventuels seront utilisés pour la sauvegarde d'un centre culturel… en Macédoine. Car Bruxelles n'a malheureusement pas l'apanage de ce genre d'évolution, et les organisateurs masqués d'Occupy Mainstream tenaient à le souligner tout en manifestant leur solidarité.

© D.R.