Orelsan : "Je suis un garçon sensible, on l’aura compris, non ?"

Nicolas Capart Publié le - Mis à jour le

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Musique / Festivals

La dernière plaque en date d’Orelsan, “La Fête est finie”, sortait il y a quelques semaines à peine. Une thématique qui a inspiré d’autres artistes que lui depuis le grand tremplin des années 2000. Le spleen du lendemain de la fête, des lumières qui se rallument, comme dans les premiers EP de The Weeknd, ou dans toute la discographie de LCD Soundsystem. La descente qui suit l’euphorie, le sentiment que sont retombés les confettis, comme le chante le jeune chanteur Eddy De Pretto dans son morceau “La Fête est finie”.

“Il y a en effet ce climat post-apocalyptique, même dans la direction artistique… On est dans le sentiment quoi. Pour écrire des morceaux qui touchent les gens, il faut avoir été touché, être suffisamment sensible pour trier ce qui est dur ou pas. Je suis un garçon sensible, on l’aura vite compris, non ?”


La première plage “San” puis le morceau-titre “La Fête est finie” sont empreints de cette nostalgie d’après-fête… Le retour à la grise réalité, l’impression que le meilleur est passé.

J’ai toujours eu du respect et de l’admiration pour les mecs qui encaissent les lendemains de cuite. Qui repartent normal au réveil, même s’ils n’ont fait que de la merde la veille. Je ne dis pas qu’ils ne ressentent rien physiquement, mais ils ne sont pas en mode “P*** mais pourquoi… qu’est-ce que j’ai encore fait hier soir…” Si je fais personnellement de moins en moins la fête, c’est aussi et surtout à cause de la douleur du lendemain. Ça ne m’intéresse plus de mettre une semaine à récupérer et à me demander où j’étais, ce que j’ai dit, à qui j’ai envoyé des textos foireux. Et puis je suis en couple maintenant, c’est différent. Quand t’es célibataire, il n’y a rien à faire quand tu rentres chez toi. Là, j’ai même un chat. Je n’ai aucune raison de sortir de chez moi.

Le masque se fissure même par endroits. Comme lorsque vous parlez de paternité, en des termes très personnels.

Je dis “Pourquoi tu veux m’mettre un bébé dans les bras ? J’ai déjà du mal à m’occuper d’moi”(dans “San”, NdlR) . C’est le genre de chose que je disais avant. Je n’envisageais pas d’avoir des enfants jusqu’il y a trois ou quatre ans. Aujourd’hui, je me sens prêt. Plein de gens autour de moi ont des enfants. Puis même, je le sens bien, je me dis que ça va le faire. Ce n’est plus moi l’enfant. On grandit avec des clichés. A 15 ans, tu te dis que les gars de 25 ans sont des adultes. A 25, que ceux de 35 ans sont posés, stables et bien avancés… Un bébé, c’est beau et c’est dur en même temps. Mais il n’y a jamais de bons moments, ça tu le comprends quand même en vieillissant.
Nicolas Capart

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