Oscar and the Wolf - Infinity **

Valentin Dauchot Publié le - Mis à jour le

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Musique / Festivals

En voilà un qui a la mélancolie contagieuse! En quelques années, Max Colombie - aka Oscar And The Wolf - est parvenu à se forger un statut de superstar au nord du pays. Respecté en Wallonie, il devrait remplir deux "Sportpaleis" à Anvers sur son seul nom fin octobre, et réunir au total près de 36.000 spectateurs. Un exploit, compte tenu du fait que le bonhomme de 26 ans s'est déjà produit à Werchter et Tomorrowland cet été, et qu'il ne possédait jusque récemment qu'un seul album à son actif ("Entity" sorti en 2014). Autant dire que la sortie fin septembre de sa seconde livraison - "Infinity" (Pias) - était plus qu'attendue par les hordes de fans de ce rêveur écorché enrobé de paillettes.

© D.R.

Max voit grand

Visuellement, la pochette d'Infinity ne laisse aucun doute quant à l'état de forme du garnement: larme à l'œil, Max Colombie conserve une étincelle brûlante dans les yeux. De quoi souligner l'ambiguité du personnage, constamment tiraillé entre la désillusion ressentie face à notre société et l'espoir onirique de plonger dans un monde rêvé. Dès les premières notes de synthétiseur, on sent toutefois qu'Oscar And The Wolf a pris de l'ampleur. Son R'N'B minimaliste, léché et teinté d'électro est plus abouti, plus produit. Tout est soigné, minuté, orchestré et porté par trois ou quatre couches de sonorités à l'image de la plage d'ouverture - "So Real" - qui installe d'emblée un univers sonore grandiloquent.


Désormais, Max voit grand et ça se sent. "Exotic", qui suit, poursuit exactement dans la même veine. Le morceau démarre piano sur une rytmique proche du reggae et finit sur des ensembles de chœurs et de cuivres qui viennent idéalement soutenir la voix de Colombie. Sobre dans les textes, Oscar and The Wolf a mené un impressionnant travail de recherche sonore et musical. Et c'est précisément cette richesse instrumentale doublée d'une noirceur textuelle qui fait d'Oscar and the Wolf un phénomène musical et non un énième artiste R'N'B.


Chaque auditeur et ses fantasmes

"Susato" est plus oriental, "Pretty Infinity" directement hip hop dans son phrasé et en contradiction totale avec le son distordu du synthé. Et les "Touch Down", "Honey" et "Last Night" livrent cette même recette de R'N'B tantôt grandiose, tantôt intimiste. Aussi proche de Mogwaï que de Drake à qui on le compare si souvent, Oscar And The Wolf ne propose rien d'autre qu'une plongée dans un univers parallèle dont les images viennent naturellement en tête et renvoient chaque auditeur à ses propres fantasmes. Lorsqu'on commence à s'embêter, "Breathing" vient ajouter une tonalité pop à l'ensemble, avoir que Fever - petite pépite dansante à souhait - ne viennent clôturer ce disque abouti et maîtrisé.

Valentin Dauchot

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