Musique / Festivals

Elles sont trois. Trois voix angéliques originaires de Kalmthout. Trois maîtresses de la polyphonie et d'un folk métissé. Trois grâces qui ne forment qu'un: Laïs. Jorunn Bauweraerts (22 ans), Annelies Brosens (22 ans) et Nathalie Delcroix (25 ans) se connaissent depuis l'enfance et partagent la même passion pour la voix.

C'était en 1995, à Gooik, lors d'un stage de musique folklorique qui s'achevait par une soirée en chansons. Annelies et Jorunn ont impressionné les membres du groupe Kadril qui leur ont proposé de travailler avec eux. Elles ont accepté. Laïs était né. Nathalie les rejoindra un peu plus tard.

NATURELLES JUSQU'AU BOUT

Peu après, elles enregistrent `Laïs´ qui, outre une reprise du `Grand Jacques´ de Brel et une de `In this Heart´ de Sinead O'Connor, révèle des accents très médiévaux et l'influence de Kadril, qui collabora à la réalisation de l'album. Le second - et sans doute le plus important - grand pas dans leur itinéraire est le festival de Dranouter en 1996. Parmi le public nombreux, Emmylou Harris saluera leurs `voix d'ange´

et leur donnera ce conseil: `Restez vraies vis-à-vis de la musique´. Du naturel, elles en ont, elles qui en concert vont jusqu'à constituer au tout dernier moment leur playlist, parfois seulement cinq minutes avant de monter sur scène.

Et elles ont continué leur chemin. Après avoir arrêté l'école - `parce que c'était impossible de faire les deux à la fois´, selon Annelies - les concerts se sont enchaînés. Et un second album est sorti. `Dorothea´ se révèle marqué d'accents nettement pop et plus abouti musicalement. Grâce à lui, Laïs a obtenu le statut de premier groupe folk belge qui ait atteint le cap des 50.000 exemplaires vendus en Flandres. L'album vient aussi de sortir en France, où `Laïs´ s'était déjà fait remarquer, surtout en Bretagne. La sortie d'un simple en français devrait faciliter les choses.

Ce qu'elles aiment par-dessus tout, c'est chanter en polyphonie. Et de reconnaître en la voix humaine le plus beau des instruments. `Nous préférons les textes traditionnels, mais les mélodies et les arrangements ne sont pas toujours folk, c'est très ouvert.´ Raison pour laquelle elles refusent l'étiquette de musique traditionnelle. `C'est la base, mais cela a beaucoup évolué.´ D'ailleurs, elles préféreraient se trouver, chez le disquaire, dans le rayon pop ou world music. `Mais on refuse toute étiquette définitive, même si on comprend que le public aime savoir à quoi s'attendre. C'est bien d'être un groupe pas très clair, inclassable.´

D'ABORD EN FLAMAND

Le trio chante surtout en flamand, plus rarement en français. `On aime chanter en flamand, d'autant que peu chantent des textes traditionnels. Parfois, nous adaptons le flamand du Moyen Âge pour le rendre compréhensible, ce qui nous donne la possibilité de jouer avec la langue.´

Beaucoup de chansons sont interprétées a cappella, mais pas seulement. `C'est difficile de trouver des musiciens qui ont de l'expérience et l'humilité de laisser nos trois voix passer avant eux. Cela doit rester facile pour nous de chanter. L'instrument doit nous accompagner, ni plus ni moins.´

Quant aux projets, ils foisonnent. `Quelques chansons existent déjà pour notre prochain CD, même si nous ne savons pas encore vraiment dans quelle direction nous irons. Cela doit rester naturel avant tout.´ Après quelques premières parties de Souchon, peu de festivals seront à leur programme cet été. `Nous avons besoin de nous ressourcer, de travailler. On a toujours tout fait ensemble, mais maintenant, on voudrait faire chaque chose en son temps. C'est important d'avoir notre propre vie.´

`Dorothea´ chez Virgin. Laïs assure la première partie du concert d'Alain Souchon (30/01 - complet - et 20/02 au Cirque royal). Rens.: 02.218.20.15.

© La Libre Belgique 2001