Musique / Festivals

Le soleil était l'invité-surprise de dimanche, pour l'ultime tournée de concerts de Couleur Café. L'occasion d'enfin ressortir les verres fumés et les vieilles gloires reggae. Si ce sont souvent les mêmes qui depuis des années sont ici conviés par les programmateurs, les vétérans de la scène demeurent maîtres de leur demeure. Après Toots and The Maytals samedi, la grande estrade rouge était foulée par Damian Marley et Alpha Blondy. Et, sans être fanatiques de ce genre de joyeusetés, admettons qu'il était plaisant d'enfin voir la plaine ensoleillée et une foule ondulant du genou en souriant les yeux fermés. Carte postale typique de Couleur Café.

Entre les concerts de l'Ivoirien et du Jamaïcain, un choix à faire et deux possibilités. Retrouver l'écrin bucolique de la Green stage et laisser Lianne La Havas nous caresser les écoutilles avec le groove et la douceur qu'on lui connaît. Une prestation des plus remarquées par ceux qui y étaient et n'hésitèrent pas à le faire regretter à ceux qui déclarèrent forfait. Mais impossible de décoller de la scène principale, à l'heure où la clique new-yorkaise Flatbush Zombies y déboulait poings serrés, dents en or et pupilles dilatées.

© HAULOT ALEXIS

Ce trio infernal de emcees se formait en 2010 du côté de Brooklyn. Flatbush est en fait le nom du quartier où sont nés ses trois potes d’enfance. Frères d’armes des Underachievers, ils publiaient de concert l’implacable "Clockwork Indigo" il y a quelques années, mais se révélaient au fil des shows et des années meilleurs et plus barrés que ces derniers. Flatbush est même de ces rares groupes estampillés hip hop dont on pourrait qualifier l'univers de psyché. A une époque où nombre de rockeurs se la jouent straight edge et se nourrissent de quinoa grillé, les emcees sont peut-être les derniers à pouvoir prendre le relais. Et ces trois-là étaient en forme olympique dimanche soir, entre l'énergie déployée par le petit nerveux Meechy Darko, la technique infaillible du grand Erick Arc Elliott et le flow implacable du barbu Zombie Juice. Le public de Couleur Café a hurlé et les dabs, entre les arbres du parc d'Osseghem, ont allègrement poussé. Dernière note impeccable et puissant uppercut asséné. On a un peu mal mais on a beaucoup aimé.

© HAULOT ALEXIS

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