Musique / Festivals Le suicide du DJ suédois Avicii a mis en lumière la grande détresse psychologique de certains artistes. Souvent embarqués dans d’interminables tournées, de nombreux musiciens craquent. Et l’importance croissante des concerts dans l’économie de la musique accentue la pression.

"Les six premiers mois se sont déroulés sans problème, lance Hannah Reid. Mais nous avons tourné durant deux ans. Deux années intensives passées loin de nos familles, nos amis, nos proches, et avec une pression constante, qui nous ont pratiquement brisés physiquement et psychologiquement." A 28 ans, la chanteuse britannique devrait nager en plein bonheur. Son groupe - London Grammar - a écoulé plus de deux millions d’exemplaires de son premier album, et vient d’en sortir un second avec un certain succès.

Lorsque nous rencontrons le trio, en mai 2017, juste avant le lancement d’une nouvelle tournée, nous nous attendons donc à retrouver des musiciens joyeux et enthousiastes. Mais les jeunes gens sont calmes, timides, fatigués, et reviennent douloureusement sur leur première tournée. "Avec la pression, le stress et les voyages constants, poursuit Hannah Reid, mes capacités physiques ont commencé à être impactées, j’ai perdu mes sensations, puis ma voix… Et on a bien failli tout arrêter."