Pukkelpop

C'est maman Kalkbrenner qui devait être fière! Samedi soir, ses deux rejetons se produisaient l'un à la suite de l'autre sur le Dance Hall et la Boiler Room. A 20h45, c'est d'abord Fritz qui fait son entrée, le cadet et le moins doué des deux arrive en premier et propose une house dansante à souhait. La concurrence est rude à cette heure-là, Armand Van Helden tape à coups de marteau sur la scène d'à côté et Talaboman fait davantage dans la finesse au Castello, mais le "petit" Fritz s'en sort bien et va même jusqu'à pousser la chansonnette. Le garnement a un peu un look de vendeur d'aspirateurs en lignes avec son micro autour de la tête, et ses interventions incessantes donnent malheureusement une petite touche "foire au boudin" à l'ensemble, mais musicalement le jeune Kalkbrenner est bon.

La star, c'est la Boiler Room, pas le DJ

À 22h30, c'est au tour du frérot de sortir ses platines: Paul, l'aîné, la star de la famille, le chantre de la techno minimale berlinoise, qui ne vient pas jouer ses tubes mais un show "rétro" centré sur la techno house des années 90. Musicalement, le "grand" sait y faire. Mais depuis le début du festival, la Boiler Room est un peu "The place to Be" pour les Pukkelpopers qui s'y retrouvent pour y danser autant que pour discuter, retrouver leurs amis égarés, draguer, etc... Il est donc curieux de constater que ce décorum assez sensationnel est rarement survolté et que le lieu est sans doute plus prisé que l'artiste en tant que tel. Paul Kalkbrenner fait le travail, méthodiquement, s'offre des moments techno, disco, trance, mais ne parvient pas à insuffler ce petit supplément d'âme que l'on attendait de lui.

Ho99o9 redoutable

Comme la plupart des festivaliers, nous ne prenons plus la peine d'aller nous égarer près de la Mainstage dont la programmation ne séduit pas grand monde, et sur laquelle les mignonets "Flume" et "Mumford and Sons" sont chargés de clôturer le festival. Pour les amateurs de Rock'n'roll et surtout d'intensité, c'est au Lift que les choses se passent. Avec Ho99o9, d'abord, deux punks hardcore du New Jersey qui proposent une combinaison brutale et imparable de sons électronico-métalliques et de hip hop, sur fond de critique virulente de la société américaine et de sa violence intrinsèque. Impressionnants visuellement, TheOGM et Eaddy livrent sans surprise un set tendu, dont les morceaux vous prennent aux trippes et vous secouent dans tous les sens sans que vous puissiez faire quoique ce soit pour sortir de ce mouvement de colère chaude. Un régal, qui précède les concerts de Moon Duo, puis Death Grips au Club,... Signe que le Pukkel en a encore un tout petit peu dans le ventre.