Musique / Festivals

Le 22 juin 1968, "Le Grand Jacques" a déjà mis un terme à ses prestations scéniques lorsque débute à New York le spectacle musical "Jacques Brel is alive and well and living in Paris" ("Jacques Brel est en vie et en forme et il vit à Paris"). Sur scène, une vingtaine d'artistes reprend en anglais des morceaux du chanteur belge. L’initiative connait un véritable succès et permet à Jacques Brel de se faire un nom en Grande-Bretagne et aux États-Unis.

Le succès est tel que la troupe part en tournée et fait escale à Londres. Dans la salle, se trouve un spectateur encore relativement anonyme, dont la carrière se lance seulement : David Bowie. Peu après la représentation, le jeune homme trouve un vinyle du chanteur Scott Walker, qui a repris le répertoire de Brel en anglais. Le Britannique tombe en admiration en écoutant "Amsterdam".

En 1973, la réputation de Bowie n'est déjà plus à faire. Cette année-là, le chanteur livre, sur un album de reprises, une réinterprétation d'"Amsterdam", dont la traduction est signée Mort Shuman.

En outre, sur scène, Bowie joue fréquemment "La mort". Ce titre, traduit en "My Death", figure notamment dans le film documentaire "Ziggy Stardust and the Spiders from Mars", où l'on voit Bowie en concert.

L'admiration de Bowie est telle qu'il demande à rencontrer "Le Grand Jacques" lors d'un passage à Paris en 1973. Mais le sentiment semble loin d'être réciproque. En cause : la bisexualité que Bowie avait affichée un an plus tôt. Selon Jérôme Soligny, journaliste et biographe de Bowie, Brel répond : "Comment un pédé pareil peut-il croire que je pourrais avoir envie de le voir ?".