Musique / Festivals

Parabole : un homme entre dans un lieu de culture, traverse le hall et avance vers l’accueil. Face à lui, un homme et une femme. Lui s’occupe de la propreté de l’endroit, elle de la programmation. L’homme entrant l’ignore forcément, et c’est instinctivement vers son homologue masculin qu’il va se tourner pour obtenir un renseignement, le croyant responsable ou du moins référant la plupart du temps. Toute ressemblance avec des faits réels n’est absolument pas fortuite. Ce genre de scène a encore cours très souvent.

C’est pour diluer ces mauvais réflexes, changer les mentalités et surtout donner un coup de projecteur aux femmes d’art et de culture que fut créée la biennale Voix de Femmes par le Cirque d’Hiver, à Liège en 1991. En faveur du féminisme et de la diversité culturelle. Devenue ASBL, Voix de Femmes est aujourd’hui bien plus qu’un festival musical, et organise toute l’année des ateliers d’éducation permanente pour des femmes en situation de fragilité économique et sociale. On a vu en outre d’autres structures à vocation parallèle émerger au fil des années. Citons par exemple Girls go Boom, nouvelle agence de booking par et pour les filles, la division belge de She said so, réseau international de femmes travaillant dans le milieu musical, ou encore la création du réseau d’artistes Fair_Play pour traiter de ces questions et inégalités en Belgique. En France, Les femmes s’en mêlent participent aussi à ce débat, tout comme Venus Fest au Canada.

Où sont les... chiffres?

Il existe peu d’études ou de statistiques attestant du déséquilibre entre les hommes et les femmes, que ce soit dans le monde du travail en général ou dans la culture en particulier. S’il existe en France un organisme officiel, l’Observatoire de l’égalité entre hommes et femmes dans la culture et la communication, qui publie depuis 2013 un rapport annuel assez éclairant, en Belgique c’est le néant. Seules des initiatives privées ont permis de s’en faire une idée, conduites notamment par la Smart ou par l’équipe d’AlphaBeta Magazine, qui publiait en 2016 une enquête dont les résultats vont dans le même sens que ceux décrits par l’Observatoire français.

La conclusion est sans appel. Que ce soit au niveau de l’accès aux postes de direction, des écarts de rémunération, de la présence dans les formations, dans les programmations, dans les palmarès, ou plus simplement de la consécration des talents artistiques ou médiatiques, l’égalité hommes-femmes reste une lointaine oasis. Il subsiste un écart moyen de 18 % entre les salaires des messieurs et des dames dans le secteur culturel...