Quatre jours au Dour du monde

Nicolas Capart Publié le - Mis à jour le

Musique / Festivals

À la vue des images de ce cru 2012, d'aucuns crieraient qu'on ne les y prendrait pas. D'autres pourtant traversent le globe pour venir tâter la gadoue du Dour Festival. Beaucoup de Français, des Hollandais, quelques Allemands, mais aussi plusieurs grands reporters détachés en terres hennuyères. Ainsi, l'équipe organisatrice aura accrédité un journaliste russe, deux roumains, des confrères canadiens... C'est au Bar du petit Bois, encore un rien planqué mais toujours bien connu des habitués, que nous avons croisé l'un d'entre eux samedi soir. Pas atterri là par hasard...

"Je suis ici grâce à Wallonie-Bruxelles-Musique qui m'offre la possibilité de voyager. Car, dans le contexte de la crise actuelle qui frappe les médias, ceux pour qui je travaille n'ont pas les moyens de me faire venir jusqu'ici. Depuis plusieurs années déjà, ils m'invitaient chaque été aux Francofolies. Et puis, en rencontrant Alex (Stevens, programmateur du festival, ndlR.) plusieurs fois à Montréal, puis aux Transmusicales de Rennes, l'idée de venir voir ce qui se passait à Dour a germé. Le WBM a donné son feu vert. Et, depuis deux ans, j'enchaîne désormais Les Ardentes, le Dour Festival et les Francos de Spa chaque mois de juillet."

Patrick Baillargeon est journaliste musical à Montréal depuis une bonne quinzaine d'année. Autant en qualité d'animateur sur les ondes de Radio Canada que pour diverses chaînes de télé comme Musimax, Musique Plus, Télé-Québec, Canal Vox ou Smallpirate.tv. Chroniqueur et blogueur, il prête aussi sa plume à différents hebdos culturels, jadis "Ici", aujourd'hui "Voir". En outre, le Canadien fut un temps musicien, comme batteur et chanteur au sein des formations garage-rock Les Stups et Sick Jaggers. Enfin, "Pat de Bratte" – son pseudo dans la clandestinité – est aussi Dj à ses heures. À l'issue d'un petit set aux platines de la Raggaravane (une vieille caravane “Goliath” de ’68 transformée en soundsystem qui sillonne la route des festivals, Ndlr.), Patrick nous a expliqué pourquoi ça valait un tel déplacement.

"Pour moi, Dour fut une révélation. C'est incomparable à ce que l'on organise comme événement du genre au Québec. Même si je ne les ai pas tous fait et qu'il en existe de très grands en Amérique du Nord. Chez nous, on ne connait pas cette démesure, ni cet élan de liberté propre à ce festival. Quatre jours en rase campagne, où les gens dorment sur place et vivent tout ça à fond. Ce qui est impressionnant, c'est autant la quantité d'artistes présents – 230 à peu près – que la diversité des genres proposés. Enfin et surtout, il y a cet esprit unique ici... L'an dernier, et même cette année, malgré le froid, malgré la boue, malgré la pluie, j'étais frappé de voir le contraste entre les mines déconvenues du bar presse et les grands sourires des gens sur la plaine. Partout, ça célébrait. Pas un ne tirait la gueule... Dour, c'est plus que la musique. C'est une vraie expérience que, personnellement, j'ai vécu comme quelque chose de très galvanisant."

Qu'on se le dise: l'année prochaine le Dour Festival fêtera son quart de siècle.

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