Musique / Festivals

La demi-finale de ce vendredi après-midi.

La séance de vendredi après-midi, s'ouvre avec le Germano-japonais Christoph Heesch, 21 ans. Il a choisi le 2e Concerto de Haydn dans lequel il ne trouvera véritablement ses marques qu'à partir de la cadence (David Geringas) joliment enlevée. Après un Adagio paisible, suspendu, le finale connaîtra des hauts et des bas, partagé entre quelques élans magnifiques et des traits de virtuosité plus incertains...

Avec le Français Bruno Philippe, 23 ans, le concerto n°1 de Haydn - qui avait disparu des écrans radars depuis deux jours - refait son apparition, une bouffée de printemps dans laquelle le candidat atteste fougue, liberté et assurance technique, en dépit de sonorités corsées, parfois rustiques. Petite baisse de régime au cours de l'Adagio, pris dans un tempo trop lent - en tout cas insuffisamment soutenu - et parfois défaillant du côté de la justesse, et - après concertation complice avec Frank Braley sur le choix du tempo - finale explosif, pris à tombeau ouvert tout en restant musical et expressif. Ovation.

La partie du concert dédiée aux récitals s'ouvre avec la Russe Anastasia Kobekina, 22 ans qui a mis à son programme la Sonate de Franck, abordée dans un tempo serein, méditatif et tendre. Les sonorités sont douces, fines et brillantes, les phrasés sensibles et cultivés, laissant sous-entendre une réserve de puissance qui ne manquera pas de se déployer au cours de la sonate. Sensualité, beauté sonore, sens du discours, la candidate offre une version superbe, en dépit de quelques signes de fatigue vers la fin. Dans l'œuvre d'Annelies Van Parys, elle se montre fidèle mais sans investissement particulier, ce qui étonne chez une aussi forte personnalité. La Suite n°6 de Bach sera l'occasion d'un Prélude dynamique et très bien conduit et d'une Gigue vaguement déjantée. La dernière pièce - aux fausses allures de danse populaire, grinçante et virtuose - est signée Vladimir Kobekin... Apre et spectaculaire.

Dernier candidat de l'après-midi, le Français Yan Levionnois, 26 ans, joue Bach de façon simple et naturelle, une rhétorique d'autant plus agissante qu'elle révèle clairement la structure harmonique des pièces tout en les rendant à la danse. Un des meilleurs Bach entendus cette semaine. Ces qualités d'analyse se traduiront dans "Chacun(e) sa Chaconne" par une mise en relief de la partition, transformée ici en un monodrame bref et captivant. Après un intermède voletant signe Fauré (joie du public), le récital prendra fin sur la Sonate op. 6 de Richard Strauss, oeuvre ambitieuse d'un compositeur de 19 ans, dans laquelle le candidat jettera sa part romantique avec une générosité et un charme irrépressibles. Maitrise et goût en sus.


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