Rock Werchter

Nous étions sur la plaine de Werchter ce vendredi après-midi. Voici ce que nous avons aimé et ce qui nous a franchement lassés.

Tops : IAMDDB et RUSS

C'est la première claque de la journée. Dans un "The Barn" superbe, intimiste mais à moitié vite, IAMDDB alias "I Am Diana De Brito", ne s'est pas démontée pour faire onduler un public au départ endormi. Pas étonnant que la BBC l'ait classé sur le podium des "Sound of 2018".

Pour le réveiller, la jeune Mancunienne peut, d'abord, compter sur son DJ pour envoyer des instrus travaillées mixant le trap (de bons gros beats qui font bouger, des lignes de basse qui font vibrer de la tête jusqu'aux pieds), l'électro, la soul et le jazz (elle n'est pas la fille du saxophoniste Manuel De Brito pour rien) avec des teintes de hip hop ou de RnB. Un style à part : de l'Urban Jazz comme elle-même le définit.

La jeune fille au physique qui rappelle celui d'Alicia Keys à ses débuts, est dotée d'une voix mélodieuse et chaude, dont les cordes vocales n'ont pas grand chose à envier à la chanteuse de fallin'. IMDDB peut être vulgaire en balançant des "pussy", des "fuck", des "bitch", faire des poses et des danses suggestives, se vanter de fumer de la "weed" sur scène, elle a la classe et beaucoup d'amour à donner, enchantée qu'elle était de se produire à Wechter.


Autre bonne surprise : Russ. Le rappeur "babtou" d'Atlanta a mis du temps pour affoler les compteurs. Il n'a que 24 ans mais a déjà enquillé 11 albums sorti en tant qu'indépendant. Russ s'est fait connaître grâce à Soundcloud et casse les nombres de vues sur Youtube avec "What They Want" et "Losin Control". Ce vendredi, seul sur la Main Stage, il a été très bon. Pas compliqué d'identifier ses inspirations tant son flow ressemble, par certains moments, à celui du Marshall Mathers, dont il a d'ailleurs déjà fait la première partie.


Flops : AIR TRAFFIC et THE KOOKS

Pour les fans de pop et de rock, ce n'était pas vraiment une bonne journée. Avec quelques bons riffs de guitares dès le départ, on s'est un peu enflammés pour Air Traffic puis on a rapidement déchanté. Le groupe est originaire de Bournemouth, Chris Wall, le chanteur, a un accent anglais à couper au couteau mais ses montées au piano un peu longuettes, n'ont pas conquis le public de la Main Stage. En fermant les yeux, on se serait parfois cru dans une mauvaise pub pour un nouveau forfait de téléphonie pour les jeunes. Pour vous donner un ordre d'idée, une sorte de copie un peu foireuse de Muse ou de Coldplay.

Même constat pour les Kooks. Les années passent, le groupe de pop de Brighton, qui s'était fait connaître avec Inside In/Inside Out, a beau avoir sorti cinq galettes, il n'arrive pas à se renouveler et reste bloqué dans une pop mielleuse qu'on aurait pu écouter adolescent. Plus franchement maintenant. Plutôt que de mobiliser la grande scène pour ces derniers, les organisateurs auraient pu miser le groupe anglais de rock alternatif Wolf Alice qui fleure bon le grunge des années 90.

Le public de Werchter n'a de toute façon, ce vendredi, pas vraiment la tête à la musique avec le quart de finale entre le Brésil et la Belgique. Comme en témoignent le manque d'assiduité devant les scènes et le nombre impressionnant de maillots des Diables qui pullulent dans la plaine.

La soirée s'annonce plus alléchante avec London Grammar, Franz Ferdinand et The Killers.