Rock Werchter

L'annulation des Foo Fighters n'a pas du tout affecté le lancement du plus gros festival de l'été.

Après l'annulation tardive des Foo Fighters, principale tête d'affiche du festival, d'aucuns avaient déjà pronostiqué un premier jour morose sur la plaine de Werchter. Mais les amoureux transis du groupe ont manifestement réussi à renvendre leur billets sur internet, parce qu'il flotte sur la zone comme un parfum d'euphorie, ce jeudi après-midi. A 15h30 précises, le terrain de jeu est donc idéal pour faire monter sur scène les quatre rockeurs crâneurs d'Eagles of Death Metal. Bande de joyeux drilles tout droit sortis de la Cité des anges pour haranguer la foule et faire danser... les filles, copieusement appelées à hurler par un Jesse Hughes déchaîné. Dès le deuxième morceau, pourtant, le son fait mine d'exploser et fiche une trouille bleue au chanteur à moustache, qui se retourne vers la foule et loue "l'intervention du Dieu du Rock", avant d'enchaîner une impressionnante liste de hits électriques.

Jungle sexy en diable

Passé l'intermède costaud des Royal Blood, initialement programmés samedi mais dont un deuxième show a été ajouté ce jeudi pour renforcer le line up de la Main Stage, nous nous dirigeons vers le Klub C ou "Jungle" livre un set racé, porté par les voix magnifiques d'un duo qui rappelle forcément les Bee Gees mais renforce ses prestations live avec une choriste particulièrement en verve. De quoi donner une ampleur bienvenue à un premier album un brin répétitif qui se révèle nettement plus dansant sur scène et inonde la tente de lignes de basse envoûtantes.

Nostalgie sous le Klub C

Tout l'inverse du "Horses" de Patti Smith, première livraison d'une artiste devenue légendaire qui retrouve Werchter 20 ans après son premier passage pour rejouer la totalité de ses compositions de jeunesse. Cheveux au vent, textes à la main, la doyenne de la journée dédie une plage à Jim Morrison, une autre à Jimi Hendrix, et semble prendre un plaisir incroyable à hurler "Gloria" devant des milliers de quadragénaires qui ne semblent venus que pour elle. La prestation est magnifique, l'ensemble délicieusement anachronique, et il faut renoncer au final pour aller retrouver Florence sur la scène principale.

Florence la Magnifique

A 28 ans à peine, la Britannique est survoltée, virevoltante, même, dans son sublime ensemble de soie blanc qui suit la belle dans ses courses frénétiques. Onze musiciens ont beau se partager la scène, le public n'a d'yeux que pour la jeune femme, qui parcourt le podium à pieds nus, se jette dans le public, et lâche sa voix magnifique sans la moindre retenue. Une prestation sans failles, qui lance comme il le faut les deux dernières danses de la journée.