Musique / Festivals Après le petit tour de chauffe qui nous a permis de découvrir le festival Awakenings aux bons soins de KinK et Henrik Schwarz, il est grand temps de passer aux choses sérieuses, ce samedi après-midi. Contrairement à beaucoup de festivals de musique électronique, l'événement néerlandais ne propose que de la techno. Et plus les heures défilent, plus le son se durcit.

On a rendez-vous avec Marcel

Passé 17h, sept des huit scènes disséminées dans le gigantesque Spaarnwoude (Amsterdam), programment des artistes costauds à la poésie toute personnelle. La Belge Amélie Lens cogne sur la tente "X", Nina Kraviz s'occupe du public de la zone "Y", et nous avons personnellement pris rendez-vous avec l'ami Marcel Dettmann. Grand habitué des clubs sombres, l'Allemand fait partie des grandes références qui ont su se tailler une solide réputation auprès du grand public sans jamais sortir de leur niche.

La tente qui l'accueille est loin d'être remplie, mais le site est tellement vaste, que cela concerne tous les artistes, et compte tenu de la canicule qui s'abat actuellement sur le Benelux, un peu d'espace ne fait pas de tort. Marcel a les basses massives, la techno festive et le set dansant. Eparpillée, un rien enivrée, l'assistance ferme les yeux, lève les mains au ciel et se déconnecte doucement mais sûrement de la réalité.

Welcome to the (Danish) Jungle

Nous envisagions d'aller faire un petit coucou aux camarades de Pan-Pot ou à l'Américain Maceo Plex, mais tous deux se produiront également ce dimanche, avant de pointer le bout de leur nez en Belgique à Dour et Tomorrowland. Nous choisissons donc de terminer la journée en force avec Rodhad. Le Berlinois au nom danois oeuvre dans l'ombre depuis des années, mais a fait une entrée relativement récente dans le star-system de la technosphère avec une ligne claire : l'absence totale de concession.

Longtemps éloigné du gigantisme et des festivals à succès, le bonhomme à la barbe épaisse frappe fort, installe un univers musical sombre, et s'adresse à un public averti qui regarde moins en l'air que par terre, quand il ne ferme pas carrément les yeux. Musicalement, le producteur est d'une puissance colossale, et on attend avec impatience sa venue en terre douroise d'ici deux semaines.

Moins Disneyland, plus authentique

Il faut reconnaître à Awakenings une belle cohérence : les scènes extérieures font le show et visent le grand public, avec des têtes d'affiche comme Carl Cox, Joris Voorn, Kölsch et Sven Väth. Les tentes parlent aux amateurs de sensations moins évidentes et s'offrent des pontes comme Jeff Mills, Adam Beyer ou AnD pour clôturer la journée.

Comme tous ses concurrents, le festival communique énormément sur ses scènes grandioses, ses jets de fumée et son expertise en matière de feux d'artifices, mais l'ensemble ressemble surtout à une succession de boîtes de nuit aux ambiances ultra-personnalisées, qui accueilleront entre autres ce dimanche Boris Brejcha, Charlotte De Witte, Stefan Bodzin, Richie Hawtin.