Musique / Festivals

Il est devenu l’un des emcees les plus doués et les plus populaires du plat pays. A 25 ans, Roméo Elvis Van Laeken (de ses vrais prénoms, Elvis étant le 3e et Johnny le second) a su s'imposer – avec Damso et Hamza dans d'autres styles – comme l'un des chefs de file de notre scène rap nationale et une valeur devenue sûre du paysage musical noir-jaune-rouge. Un echte brusseleir né à Uccle, mais qui a grandi du côté de Linkebeek, et qui séduit aujourd'hui aussi bien au nord qu'au sud de la frontière linguistique. Une prouesse que peu d'artistes belges réussissent, tout comme celle d'avoir réconcilié les fans et b-boys de l'ancien et du nouveau testament hip hop, en alliant modernité, humour et un certain savoir-faire à l'ancienne.


Début 2016, "Morale", troisième chapitre de la discographie du sieur au flow baryton (après "Bruxelles c'est devenu la Jungle" en 2013 et "Famille Nombreuse" en 2014) atterrissait dans les bacs à disques. Début 2017 était publié "Morale2", la suite logique, qui terminait de consacrer le talent et surtout la notoriété du jeune rappeur bruxellois. Enfin, début 2018, sortait ce "Morale 2luxe", version bling bling et copieusement augmentée de son prédécesseur. L'arme idéale pour poursuivre son opération séduction – déjà bien partie – dans l'Hexagone.


On y retrouve d'abord les pistes de "Morale2". De l'excellent "Nappeux" en tandem avec Grems jusqu'au puissant "Sabena", en passant par un duo avec sa frangine Angèle ("J'ai vu") ou encore les romances troubles "Lenita" et "Bébé aime la drogue". Ensuite, place à onze nouveaux titres dont une reversion de "Drôle de question" (franchement facultative). Son acolyte brainois, Le Motel, a toujours autant de magie au bout des doigts côté production. Roméo, lui, ne fait pas mouche à chaque reprise et peine parfois côté inspiration.


Le single "Dessert" ne casse pas grand-chose  (en dépit d'un clip vidéo léché mis en boîte aux Etats-Unis), "Respirer" nous laisse circonspect et "Jaloux" est plutôt bien torché. Enfin, si on appréciera le sombre "Samy (part.3)" et que le très léger "Chanmax" nous fera sourire, à l'autopsie nous retiendrons surtout "Strauss et Paillettes" et "L’amour des crocos". (N.Cap)

> 1CD (Universal). A Charleroi le 11 mai.