Sa plus belle histoire d'amour, c'est...

Alexandre alajbegovic Publié le - Mis à jour le

Musique / Festivals

Entretien

Six albums "live" pour huit en studio : franchement, à part Bruel, qui a le droit ? Le dernier en date, "Des souvenirs... ensemble", a des allures d'anthologie. Le chanteur y balaye sur scène vingt-cinq ans d'une carrière musicale à part. Enregistré à Bercy, l'album est décliné en DVD. Une version filmée dont les bonus nous emmènent dans les coulisses de la (première) tournée américaine du chanteur, mais aussi dans celles de son passage... à Bruxelles. De "Marre de cette nana-là" à un inédit, "Vous", Patrick Bruel peine à prendre des rides, à l'instar de ses chansons. Vingt-cinq ans de carrière dans la chanson, autant au cinéma, pas mal pour une idole à midinettes ?

"Des souvenirs... ensemble", une sorte d'anthologie live ?

Oui, un peu malgré moi. Au début de la tournée, j'ai fait un ordre de chansons. On a essayé d'en changer en cours de route, mais ça n'allait pas. Donc on est restés sur le premier. Et en effet, l'album raconte une histoire, celle de la réalisation d'un rêve d'enfant.

A chaque album, son pendant live ?

Un album live, c'est la trace d'un moment unique auquel les gens ont assisté et qu'ils veulent revivre. Il y aussi ceux qui n'ont pas pu venir, ou n'ont pas voulu. Et puis plus tard, mes enfants et mes petits-enfants me prendraient pour un mythomane si je le leur racontais. Là, au moins, ils ont la preuve ! (Rires).

Certaines chansons ne vieillisent pas, mais au contraire semblent évoluer avec vous ?

Oui, elles traversent le temps avec beaucoup d'élégance. "Alors regarde", "Place des grands hommes", ces chansons aiment la route, ce qu'on y raconte tient la route. Les mélodies sont assez fortes pour que les gens les intègrent presque à leur quotidien. J'essaie toujours d'en tirer la quintessence et de la restituer avec le son et dans le contexte d'aujourd'hui.

Cette tournée a été l'occasion de "boucler la boucle" américaine ?

Oui, il y a vingt-sept ans, j'étais à New-York en train de rêver de faire ce métier. C'est une ville qui m'a dit : "Si vraiment tu t'accroches, tu peux y arriver." Y revenir pour chanter, c'est touchant. Surtout au Beacon Theatre qui est un endroit magnifique, assez mythique. Ce soir-là, il y avait pleins d'Américains qui chantaient. Je faisais des petits sketches en anglais, ils étaient morts de rire. Je me prenais pour Seinfeld !

Il y aussi ce bonus vidéo consacré à votre passage à Bruxelles.

J'ai vu les Stones à Bruxelles en 73. Mais c'est surtout, depuis toujours, un accueil disproportionné par rapport à la France. C'est colossal ! J'avoue que le dernier concert à Forest était l'un des plus beaux concerts de ma vie. A la sortie, je me suis dit : "Merde, on aurait dû faire le live ici." Mais le deuxième soir à Bercy était aussi très bien, donc pas de regrets.

L'album se finit sur cet inédit, "Vous", qui rappelle "Ma plus belle histoire d'amour" de Barbara...

Au début, je me suis demandé s'il ne valait pas mieux que je chante celle de Barbara. Il n'y aura jamais, dans l'histoire de la chanson, un plus bel hommage au public. Forcément, quand on se lance dans le genre, on a toujours peur de la comparaison. D'autant que c'est ma chanteuse préférée, et probablement ma chanson préférée ! Mais je suis content qu'on ait trouvé nos mots pour essayer de développer quelque chose par rapport à ce public.

Ce public, présent depuis le début, contrairement à une profession qui a plutôt pris son temps ?

A l'époque, cela pouvait paraître agaçant qu'un mec qui arrive de nulle part prenne autant de place médiatique mais aussi affective. Et puis, ils s'y sont faits. Au bout d'un moment, ils ont même trouvé ça bien !

Paradoxalement, c'est allé plus vite avec le cinéma ?

Un peu plus fluide, c'est vrai. Mais il y en avait quand même qui refusaient obstinément de me considérer comme un acteur : pour ça, le film de Miller (NdlR : "Un secret", sorti le 3 octobre) a remis les pendules à l'heure. Il a calmé les sceptiques.

Vous allez participer prochainement à la Star Academy. Un choix ?

Il ne faut pas se leurrer : si les artistes y vont, ce n'est pas pour les beaux yeux du concept. Mais si je contestais vraiment la démarche, je n'irais pas. Je suis touché par les élèves. J'aime voir l'admiration dans leurs yeux, et leur envie de partager. Si ce truc avait existé quand j'avais 18 ans, j'aurais été le faire sans hésiter ! Quand je suis parti avec ma guitare à une audition du Club Med, qu'est-ce que je suis allé faire ? Je suis allé chercher ! Ces gamins, eux aussi, vont chercher.

Alexandre alajbegovic

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