Musique / Festivals Grand show en petit comité, jeudi à l’Atelier 210.

Jadis voix de tête d’Eté 67, le petit Nicolas Michaux a grandi. Au fil de ses voyages, celui-ci a rempli sa guitare d’élégance et de mélancolie. Une sorte de "Nouveau Départ", dans la foulée duquel on le pressent déjà gagnant. C’est aussi le titre de la ballade qu’il nous livre d’entrée. Concentré de tendresse déguisée en naïveté, elle est la plus jolie promesse de l’album solo qu’il est en train de nous concocter. En attendant sa sortie, le jeune homme au regard rêveur venait en distiller les premiers jets dans le bar cosy du 210. Nous y invitait à danser et courir avec lui sur une mélodie pianotée. Osait une chanson coquine, narguait le blues, regrettait les îles désertes en rock, ou chevauchait la boîte à rythme, "A la vie, à la mort". Il mélangeait aussi français et anglais avec justesse et sans excès. Et concluait sur "une chanson qui invite les gens à fermer leur gueule. J’en ai eu l’idée un jour que je regardais la télé chez un ami." Ça, c’est dit.

Puis place au chantre Decoster. Un habitué de lieux. Une fois déroulé son tapis, Sammy se sent chez lui. Et entame semelle battante un nouveau concert d’anthologie. Quelques pépites anciennes d’abord, "Venaco", "L’homme que je ne suis pas", plus tard "Je partirai me suicider à Hawaï". Avec, à la contrebasse, le jeu de phalanges de son ami Mathieu Denis. "Pour une fois, j’ai des choses à vendre" se risque-t-il. Et pour cause. Depuis 2009 et son unique disque, l’évanescent "Tucumcari", ses notes n’ont plus connu de studio. Dans l’intervalle, le fan dut courir derrière lui pour s’abreuver de ses péripéties. "Je mentirais" et "Micheline", déclinées ensuite, sont de celles qu’il put attraper. Introspectives, drôles et fuyantes déjà, comme les futures de l’album annoncé. Cet "Amour sale" filou et cette très tentante "Sortie 21", ce "Taxi Bird" jouette et "Sans dérive on déraisonne", toutes seront du second album, que Sammy Decoster nous promet - enfin - pour la rentrée. Sans oublier "Je rentre chez moi", pour lui "entre Saint-Sulpice-des-Rivoires (près de Grenoble) et Tucson". On l’y rejoindrait les yeux fermés, pourvu que sa musique soit toujours aussi bonne.